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16.03.2008
Nous étions deux amis....
et Guillaume est trop jeune pour avoir perdu la mémoire.
A 15 ans, nous étions inséparables au lycée. A 25 ans nous vivions sur des continents différents, inséparés, pourtant. Nous nous écrivions sans cesse.
La fête de mes vingt ans, c'est lui qui l'avait rendue inoubliable.
Depuis une dizaine d'années, les parents de Guillaume me considéraient comme leur fille. "On n'a pas eu de fille, Six, alors tu es un peu comme notre fille, tu pourrais même être notre belle fille, un jour, nous aimerions bien." leur naïveté m'amusait, me faisait rire, quoi? ne savaient-ils donc pas que nous étions des amis, leur fils et moi, de vrais amis? Et puis s'ils m'aimaient comme leur fille, ils devaient bien me souhaiter un amoureux qui ne suce pas des bites dans des backrooms, à l'occasion. Mais bizarrement plus il multipliait les liasons avec des hommes, plus ses parents se montraient insistants.
Guillaume ne me parlait même pas à mots couverts de sa bisexualité, il se contentait de baiser quelques uns des hommes que je lui présentais. Apprendre sa bisexualité m'a éclairée: qu'elle soit hédonisme ou homosexualité, elle expliquait peut-être pourquoi ce très bel homme, je ne l'avais jamais trouvé attirant. Et pourquoi aussi j'avais l'impression d'une confiance possible totale, dénuée de tensions. Bien sûr éméché, il essayait de me sauter, mais comme il essayait de sauter tout le monde d'ailleurs, pour le calmer il suffisait de le menacer d'une gifle.
Parfois il appelait, dans la nuit, ivre et découragé, je me relevais pour lui installer des couvertures sur le canapé.
Voici deux ans et demi de cela, Guillaume est tombé amoureux, d'une fille. je n'ai passé qu'une seule soirée avec eux deux, une soirée que la demoiselle a écourtée. J'ai espéré qu'avec le temps, nous deviendrions amies, aussi.
Un soir, il y a deux ans, nous dînions en tête à tête, il m' a soutenu pendant une bonne demi heure que nous avions couché ensemble, une seule fois. J'aurais pu lui répondre qu'étant donné le calibre mythique dont la plupart de mes connaissances gays le gratifient, je devrais, normalement, m'en souvenir. J'ai simplement dit "non, tu te trompes" et nous avons changé de sujet.
Guillaume, il y a trois ans, a été là pour m'épauler lorsqu'il a fallu que je sache ce que c'était que la perte, la mort. Il ne comprenait pas, mais il était là.
Nous avons parfois travaillé ensemble, Guillaume et moi, aussi, ri à des fêtes inombrables, joué aux entremetteuses avec quelques mariages à notre actif. Nous avons écrit des textes ensemble, passé des soirées à peindre, nous nous sommes baignés dans des mers trop froides après avoir fait des chateaux de sable. Il était mon ami.
J'ai vu Guillaume pour la dernière fois il y a un an.
Aujourd'hui j'ai reçu deux messages écrits coup sur coup, l'un de Guillaume, l'autre de ses parents.
J'aurais du comprendre, pourtant depuis un an. Mais il me semble que je l'ai perdu aujourd'hui.
11:37 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : amitié, le temps qui passe, trahison, épluchures, lambeaux





Commentaires
J'avoue que je ne comprends pas bien l'épilogue... Que s'est-il passé ?
Ecrit par : Comme une image | 18.03.2008
Je n'ai pas pas ouvert les messages, mais selon moi , ce qui se passe, c'est que les parents de mon meilleur ami, ainsi que lui , m'avertissent par voie electronique de la date du "plus beau jour de sa vie", sinon quoi d'autre? je ne le saurai jamais, j'ai améné, ramassé, refusé les patins avinés de leur fils au dernier mariage de la famille, je ne réponds pas à un texto sous forme de faire part, d'ailleurs on dira que j'ai changé d'opérateur, si on en vient à se croiser. Ce que mériterait ce genre de pratiques c'est un "vous avez economisé jusqu'aux timbres et aux cartons, la fête sera sublime, donc, votre particule n'est pas usurpée" mais je ne dirai rien
Ecrit par : Six à CUI | 18.03.2008
je ne saisissais pas bien non plus
"Aujourd'hui j'ai reçu deux messages écrits coup sur coup, l'un de Guillaume, l'autre de ses parents."
au moins, ainsi, tu es pratiquement certaine qu'aucun d'eux n'a passé l'arme à gauche
ton sixième sens, ces noces ?
bon, je note également, via le commentaire à CUI, qu'au delà de la plaie, tu écris "les parents de mon meilleur ami" et non "de mon ex meilleur ami"
encore et toujours un putain de beau texte quoi qu'il advienne
Ecrit par : niki | 19.03.2008
Merci Niki, oui mon sixième sens a agi!
J'ai toujours trouvé qu'il était plus difficile de perdre un amant même "un amoureux" qu'un ami, le risque maximum consiste donc à croire qu'un ex amant est devenu un véritable ami, ou à faire d'un ami un amant....Guillaume était mon ami, un vieil ami et je suis un peu comme ceux qui parlent de leurs morts au présent
Ecrit par : Six à Niki | 20.03.2008
la beauté de cette dernière "confidence" me laisse pour ainsi dire sans voix
tu sais, Six, j'aurais beaucoup beaucoup aimé ça, je pense, avoir la chance de peindre des châteaux de sable en ta compagnie, dussé-je pour cela accepter qu'à son image le bon dieu me fit gay et monté comme un âne
hi-han hi-han :)
Ecrit par : niki | 21.03.2008
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Ecrit par : niki | 06.05.2008
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