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08.04.2008
"Elle est plutôt mixte, je crois"
Vacances.
Si certains d'entre nous se penchent, lors de leur choix de destination de vacances, sur l'inaccessibilité du lieu (une petite montagne très discrète, oui, derrière le mont pelé, je te dis), le choc culturel (c'est sûr ,nous ne sommes plus les mêmes depuis notre retour d'Inde, mais les gens sont pas très propres là bas , tout de même, besides, I've been curried out), la manière dont ils se débarasseront de leurs mouflets ( les monitrices du mini club med d'Hamamet sont gé-niales!), le caractère très "home made" de leur voyage ( avec comptoir, nous avons eu nos réservations d'hotel jusque Los Angeles exactement où nous le souhaitions!) ou encore carrément self made (j'ai passé un mois à organiser ce trek au Népal...je 'y suis pris un an à l'avance), moi pas.
Ce n'est pas par absence totale et définitive d'instinct maternel que je voyage sans charge d'âme, mais les monitrices du club med ne me rapellent que le temps, pas si lointain, où moi même je devais organiser des activités de vacances pour des ados de six nationalités différentes. Leur présence n'amplifie mon repos que si je les vois, de loin, mais alors de très loin, s'agiter, leur jetant un amical "ça va, pas trop dur?" en me levant très très lentement d'une chaise longue après une exposition prolongée, de l'air de celle qui en a vu d'autres, qui sait, et qui n'aimerait pas y retourner.
J'aimerais aussi beaucoup me voir telle une Mata Hari ou une Jane Bowles parcourant le monde en tous sens à cheval ou à pieds mais la perspective d'une semaine sous la tente en pleine montagne avec pour tout soin du corps une rivière glacée à quelques pas, on peut me répeter que ce sont des vacances, je n'y crois pas.
J'ai des rêves d'Asie pas encore déçus par la confrontation réelle et trois vrais prérequis pour passer de bonnes vacances: du soleil, une mer suffisamment chaude et calme pour y nager et si possible y plonger, et la découverte de quelques nouveaux plats, idéalement la découverte d'un nouveau fruit ou d'un légume jusqu'ici inconnu. Bien entendu une architecture intéressante et une ville grouillante de gens sont des atouts supplémentaires, mais pas indispensables. En revanche l'éveil de la sensualité, si. Bref quand je pense "vacances", je pense Grèce, je pense Egypte, je pense West Indies.
Mais il y a aussi les week- ends bretons. On part le vendredi, on revient le dimanche. La mer est rarement suffisamment chaude pour y nager ou y plonger. Il faut donc, contrainte et forcée, la paupière lourde, le pas pesant, se rabattre, pour toute activité physique, sur l'éveil de la sensualité.
j'avais il y a quelques temps déjà expérimenté ici , comment les lectures érotiques pouvaient notablement améliorer la qualité de nos vacances et l'extension de notre espace vital, à nous autres, trentenaires excités et privés de responsabilités parentales. je pratique depuis la lecture de textes sexuels dans les trains. Toute publication récente de la musardine fait en général l'affaire mais j'ai une préference marquée pour "la revanche du clitoris", ça a l'air d'un "que sais je?" au niveau du format, mais Clitoris est écrit en gros, dessus. Le monsieur en face est gêné, il ne vous embêtera pas.
J'ai recemment pu constater que l'activité erotique qui frôle la revendication peut benéficier au week end de mars en pays Breton.
Il arrive que partie en week-end en plein pays Breton, on s'aperçoive à l'arrivée que l'on a oublié un élément voire des éléments essentiels au bon déroulement des opérations. Pour ceux qui sont parents, la liste des oublis possible est quasi-infinie et inversement proportionnelle à l'âge des lardons, pour ceux qui s'adonnent aux plaisirs de la chair à des fins exclusivement non reproductrices, elle est illimitée, oui, tout autant, mais circonscrite à deux domaines bien précis: les jeux sexuels et l'apparence corporelle, ce qui revient à peu près au même.
j'ai donc testé pour vous: l'oubli de trousse de toilette pour week end en pays breton. Et non, il ne s'est pas agi de trouver un brico-dépot fournisseur de cordes à Shibari de savoir où se procurer une paire de menottes, un baillon-boule ou un martinet, ce genre d'outils, c'est pas moi qui m'en charge, chacun ses responsabilités, faut pas exagérer. Non j'avais, plus simplement oublié tout mon maquillage, et oui, mon flacon violet sur lequel on peut lire "play" (oui je sais on l'a tous celui là, d'ailleurs, appelez moi nez agile, mais j'aime vraiment de moins en moins son odeur et le bruit du clapet quand on l'ouvre à celui là, je ne sais pas pourquoi mais à chaque fois que nous l'ouvrons je pense à une musique de chevauchée de Western et à Napoléon qui, rentrant de campagne, glissait par billet à Joséphine, "ne te lave pas, j'arrive").
Après un passage ruinant à l'unique parfumerie de la commune pour me fournir en cosmétiques, je décidai donc de pousser la porte de la pharmacie du village, un lieu peuplé de mamies à trolleys écossais garnis de poireaux, tendres et fureteuses, l'oeil et l'oreille alertes, et d'une pharmacienne rompue à l'acceuil du touriste sans brosse à dent. Cette dernière, me voyant chercher du regard un produit en libre-service m'adressa un "madame, je peux vous être utile?" en me souriant de toutes ses dents, je passai sur le "madame" (qui indique forcément, hein forcément que j'ai mal dormi à mon âge, on DOIT m'appeler Mademoiselle) et articulais, un peu fort, c'est vrai, histoire de satisfaire toutes ces dames sans en oublier aucune, même celle qui éventuellement serait un peu dure de la feuille: "OUI, je voudrais du LUBRIFIANT!". le visage de la pharmacienne se ferma, son sourire se referma tel la mâchoire du requin sur une jambe dans "jaws" et c'est littéralement entre ses dents qu'elle murmura "là bas, derrière, près du rayon puériculture" puis elle tourna les talons. je trouvais en effet mon lubrifiant, flacon grand modèle, tout en bas de l'étagère, sous les doudous et les bouteilles d'eau de toilette "tartines et chocolat". les flacons petits modèles, bien suffisants pour un week end, étaient forcément "chauffant" "goût menthe" ou "effet froid", comme si quand tu achetais un flacon de lubrifiant classique, tu t'en enduisais nécessairement tout le corps pour ensuite disputer un match de catch, et je me dirigeais vers la file d'attente de la caisse.
Je fus surprise une fois prête à payer, d'être servie par une jeune femme un peu moins engonçée que la matronne qui m'avait accueillie. Après avoir devisé avec moi des vertus d'"Apis mellifica" en homéopathie, elle me gratifia d'un diagnostic complet de l'état de ma peau "oui, elle est plutôt mixte, je crois" glissa dans mon sachet une bonne dizaine de doses d'essais d'une nouvelle gamme de crèmes Caudalie et me proposa une carte de fidélité que je déclinais. Pour tout salut et toute prise de congé, "jaws" sa congènere rombière se contenta de se glisser derrière elle et d'ajouter à mon achat un savon d'invité RogerGallet sans emballage et de lâcher un méprisant "cadeau!" murmuré entre des lêvres pincées qui semblaient vouloir dire "hors de notre ville, scélérate, sale fille, Messaline, lave toi de tes pechés, et ne viens pas pervertir nos braves habitants!"
Mesdames, je ne saurais donc trop vous recommander, pour voyager léger et rigolo en pays breton (mais en Normandie ça fonctionne sans doute aussi), d'oublier scrupuleusement votre trousse de toilette à la maison.
13:42 Publié dans Préparation | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, voyage, sexualité, officine, week-end, nous ne sommes que des corps





Commentaires
Mieux que "Play", Concept S (cf. note de notre amie Charl' du 23/03, h&f refuse de coller le lien)( non ne me remerciez pas)(ah zut elle est déjà dans vos liens). ET merci pour le sourire, très drôle cette note !
Ecrit par : H2.0 | 08.04.2008
Oui enfin... Si je vois une femme qui lit "la revanche du clitoris", en face de moi, dans un train... je lui demande qui a gagné la première partie (puisque c'est une revanche).
Ecrit par : 502 | 08.04.2008
Et voilà, en deux minutes au réveil je viens de voyager léger. Rien n'a été oublié.
Merci ;)
Ecrit par : secondflore | 09.04.2008
Je vais tester la même chose en Corse, je suis sûre que ya de quoi se marrer.
Ecrit par : A@T | 09.04.2008
Je confirme, en Normandie, ça marche aussi :)
Très chouette cet avant goût de vacances !!!!
Ecrit par : Faits Divers | 09.04.2008
@ H2.0: ravie de vous avoir fait sourire ;-), il faudra que j'aille voir chez Charl' pour savoir où me le procurer, il me semble me souvenir cependant qu'il n'est pas disponible en officine mais plutôt sur n site web "ah!se priver du sourire carnassier des pharmaciennes!" l'avez vous essayé vous même, ce concept S? Est-il vraiment plus agréable à votre avis aussi?
@ barreau502/sceptre de chair: quel dommage alors que nous n'empruntions pas les mêmes lignes! et finalement répondrais-je "phallus" ou "vagin" ou même "les deux mon capitaine"!?
@Secondflore: avez vous fait bon voyage et ménagé votre monture?
@ A@t et faits d'hiver: la palme serait tout de même d'obtenir un signe de croix rapidement esquissé par une vieille dame en noir, a priori, je dirais qu'en Corse on a plus de chances (en ajoutant une boite FAMILIALE de préservatifs peut-être) mais je me souviens aussi d'une chambre d'hôte près de Doudeville où l'on nous avait proposé des lits jumeaux parce que nous n'étions pas mariés et où à table, avant le repas, nous avions eu droit au bénédicité ;-)
Ecrit par : Six | 10.04.2008
Testé et approuvé, merci Dollhouse ;)
Ecrit par : H2.0 | 10.04.2008
Darling, j'espère que tu as pris bonne note des infos livrées par Dame H2.0 ci dessus, gazou, gazou...!
Ecrit par : Six à Chéri | 10.04.2008
En favori dans un premier temps, sur ma table de chevet et sur notre corps ensuite. Gazooouuu...Gazouuuu !
Ecrit par : R' | 10.04.2008
Je ne sais pas pourquoi mais lorsqu'on m'appelle barreau502-sceptre de chair, je suis pris d'un long frémissement qui me parcourt de là à là. C'est loin d'être désagréable. J'attends votre prochain billet de pied ferme. Car j'ai aussi des pieds.
Ecrit par : 502 | 11.04.2008
beaucoup plus de chance en banlieu... Où lorsqu'on demande doucement au pharmacien maniéré "du sensilub et des manix 0.02", on s'entend répondre "Monsieur est un connaisseur..." qui laisse pantois...
Ecrit par : belami | 11.04.2008
(sourire) Je n'ai même pas pris la peine d'ouvrir La revanche du clitoris. Par contre, mon barman préféré a surveillé étroitement un homme qui me regardait d'une façon bizarroïde parce que je lisais consciencieusement Le traité des orgames de Gérard Leleu. Si on ne peut plus préparer son interview correctement !
>belami : votre pharmacien ne manque pas d'humour. ;-)
Ecrit par : C. | 12.04.2008
parfaitement - la preuve, je viens d'y retourner, et avec plaisir ;)
Ecrit par : secondflore | 14.04.2008
@502: En avez vous deux? c'est bien vrai ça? Et combien d'orteils? (c'est important les orteils, bien plus important qu'on ne le croit!)
@Belami: j'aime beaucoup la technique d'approche de votre pharmacien, ce pourrait être l'une des (nombreuses) tactiques de mon cher MC/P ;-)
@ C: (qui sait choisir ses barmen) bienvenue chez moi, gente Dame. Ah Ah! voici donc une nouvelle lecture en perspective pour moi! Mais dîtes moi, pourquoi refuser de vous pencher sur "la revanche du clitoris?" Est-ce le titre? les auteurs? l'éditeur qui vous ennuient par avance?
@secondflore: (il faut absolument que je sache si vous êtes gaucher) ;-)))
Ecrit par : Six | 15.04.2008
L'un des auteurs déjà. Ensuite, j'avoue que les essais de La Musardine sont beaucoup moins amusants à lire que leur collection Osez. Et le titre... La revanche du clitoris ? J'ai l'impression d'entendre le titre de ce navet "la revanche d'une blonde".
Ecrit par : C. | 15.04.2008
je pense deviner sur lequel des auteurs porte votre réticence et aimerais beaucoup savoir si tel est le cas, si vos raisons sont similaires aux miennes, mais en discuter sur un blog ne serait pas correct, hein. Pour le titre c'est vrai qu'il est moins bien ficelé que le contenu! ;-)
Ecrit par : Six à C | 15.04.2008
Il suffit de m'écrire pour le savoir. ;-)
Quant au contenu, n'ayant lu que le titre, je n'en dirai rien. Mais dans la même collection, vous avez aussi les très intéressants L'oeil et le sexe. Sur l'exhibitionnisme de Julien Picquart, La liberté d'offenser. Le sexe, l'art et la morale de Ruwen Ogien. Quand j'aurai lu Pornostars. Fragments d'une métaphysique du X de Laurent Sutter, je pourrai aussi la ramener.
Osez la bisexualité de Pierre des Esseintes est on ne peut plus riche, très différent des autres petits livres sur la fellation, la sodomie ou la chasse à l'homme.
Ecrit par : C. | 15.04.2008
Il suffit de m'écrire pour le savoir. ;-) Quant au contenu, n'ayant lu que le titre, je n'en dirai rien. Mais dans la même collection, vous avez aussi les très intéressants L'oeil et le sexe. Sur l'exhibitionnisme de Julien Picquart, La liberté d'offenser. Le sexe, l'art et la morale de Ruwen Ogien. Quand j'aurai lu Pornostars. Fragments d'une métaphysique du X de Laurent Sutter, je pourrai aussi la ramener. Osez la bisexualité de Pierre des Esseintes est on ne peut plus riche, très différent des autres petits livres sur la fellation, la sodomie ou la chasse à l'homme.
Ecrit par : C. | 15.04.2008
ah mais voilà une bonne idée ;-) et voici aussi pour moi, de bien précieuses idées de lectures, merci! (ce qu'il est difficile de trouver de bons livres érotiques ou sur l'érotisme!)
La revanche est assez "éducatif" voire "pédagogique", à mon avis, sinon j'ai lu récemment "slow hand" un recueil de nouvelles érotiques assez vieux, et qui fleure bon le féminisme d'il y a trente ans, même si l'une des nouvelles, un récit "d'amitié" à trois m'a bien plu.
Ecrit par : Six à C | 16.04.2008
tiens vous connaissez ma pharmacienne? en effet je confirme qu'elles sont facilement outrables en bretagne, et parfois mal embouchées... sinon la prochaine fois vous sonnez chez moi, ok?
Ecrit par : la chatte | 20.04.2008
Oh la chatte! nous pourrions alors boire un café et faire des essayages de talons!!! ce serait bien , non?
Please, redonnez moi votre URL, je ne cesse de vous perdre!
Ecrit par : Six à la chatte | 04.05.2008
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