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15.05.2008
les antipodes de l'excès.
Il y a quelques jours, alors que c'était l'été, je marchais dans une avenue peuplée, grouillante d'une foule blanchie sous le soleil. j'allais faire des courses de bouche trainant derrière moi mon trolley de marché, celui qui m'empèche de marcher vite et qui me permet donc aussi de laisser couler dans mon oreille plus que les murmures de la ville, les conversations des passants.
Elle, je l'avais remarquée à cause de sa tenue.
De son apprêt, aussi.
Une fille grande, une longue chevelure châtaine bouclée étrangement parsemée de mêches blondes, un fond de teint point fondu, un rouge framboise mat soutenu au milieu d'un visage sans vrai menton.
Elle marchait vite, arrivait vers moi, discutant avec une compagne bien plus petite qu'elle et donc moins perceptible, moins imposante, aussi.
C'est peut être, finalement, sa démarche plus que son apparence plastique qui ont attiré mon regard. Ce pas qui déplacait l'ourlet d'un surprenant bermuda à carreaux burberry qui, sur ses longues jambes était devenu un short un peu trop long, ce pas scandé par les petits talons de camarguaises beiges à la tige ornée de stupides découpes, l'effet cocasse de l'ensemble qui aurait pu susciter une pensée acerbe telle que "c'est pas un peu printemps 2005, tout ça?"et qui en tout cas invitait la curiosité à chercher quels yeux avaient cette personne, à remonter donc pour les chercher, et ne trouver au dessus du nez que des wayfarer.
Comme elles arrivaient à ma hauteur, côté chaussée, la grande mal fagotée livra à son amie l'information suivante "Ils en ont chez Calvin Klein!", il est peut-être inutile de le préciser, mais important de le garder à l'esprit: "Klein" dans sa bouche fut prononcé de manière à m'évoquer le mot qui en allemand, signifie "petit".
Je tournai alors la tête vers les facades de l'avenue, nous étions au niveau d'un hôtel réputé. Assis sur un muret, un clochard se pissait dessus. ce faisant, la tête rejetée en arrière, il buvait des bières, à une allure qui lui promettait de se souiller longtemps encore. Même sous la lumière écrasante son visage cireux de crasse semblait noir. Un ilôt d'ombre parmi tout ce fric affiché. Je n'ai rien fait. Qu'est-ce que j'aurais pu faire? J'ai juste été hapée par les antipodes de ces excès. Est-ce toujours du royaume du Danemark que la pourriture arrive?
j'ai recroisé ce vagabond cet après midi. Il pleuvait à seaux, je venais de casser un talon, je ruisselais. Lui aussi mais sans s'en soucier, sans presser le pas, le visage à la fois absent et avide de regards, il avait les bras en croix et les pliait en dé-cadence tout en marchant à la manière de celui qui se muscle les biceps, lorsque je l'ai croisé je l'ai entendu psalmodier "je vais simplement rentrer à la maison, simplement rentrer à la maison..."





Commentaires
Scintiller de traverse mon asperge de rêve & moi bien faits du dimanche matin les pieds nus dans la boue c’est l’aube les oiseaux chantent le même songe à tue-tête. Me répond oui oui vieux complice, ça tombe bien, j’ai rendez-vous dans les 10h à l’opéra royal avec une des triplées de l’orchestre philharmonique de Nagasaki. Un tiers de seconde et c’est street-ball avec Ignace en Saint Léonard texture de ballon biscornu crapuleuse trajectoire je suis lobé bordel faut cavaler vite le rattraper . Sur une façade un genre de balcon concave une demi douzaine de mètres environ un homme pur sale barbe hirsute sans abri témoin de la race créature mes biens chers frères mes bien bonnes sœurs conditions de vie ou de mort tire sur un sipsi long comme une trompe tibétaine. regards croisés . embryon de causette . fifrelin pense à ignace deux trois quatre cinq six ruelles plus haut dis bonjour au monsieur qui me tend la pipe et son plus beau sourire le bougre fait ce qu’il peut, ce ne sont pas toujours les dents qui comptent mais non merci mon ami je refuse poliment. Jamais jamais pendant le sport je sors en pointant la balle de l’index et du majeur on commence à compter l'un sur l'autre Trois hommes se pointent au pas d’charge. Oreillettes. Gilet sans manches avec poches à foison brassard noir jaune rouge frappé sécurité sur la manche gauche. la façade est ravalée voilà même pas le temps de poser lapin question bombe bijouterie luxe bijouterie orfèvrerie. Un mégaphone hurle à l’homme de descendre sur le champs. Il rit. Un d’eux (trois) escalade de malade il commence à peiner au premier remord un attroupement s’est formé et gronde en sourdine, braquée par la paire d’armes de service restée au sol tendu. torse nu d’insurgé. dernier balcon. sourire gangrené. sourire qui mouche ton âme. bras en croix. Bascule. Attraction terrestre sans élastique BLAM ! les pieds du lit ont tremblé et très tôt ce matin, les oiseaux chantent à tue tête mentalement je calcule le corps et la tête avec laquelle il faisait équipe camarades d’infortune pavés dans la mort. Je quitte le théâtre du drame à reculons dans une impasse histoire de fondre en larmes, « pleurer plus que tous les enfants du monde ».
Ecrit par : coco | 16.03.2008
Ecrit par : Ana Carolina R. | 16.05.2008
Faudrait que tu fermes les commentaires, Six. Non pas pour éviter les bizarreries absconses comme celle qui me précède, mais parce qu'à chaque fois, je termine ta note la bouche en œuf, sans rien à dire.
Alors je te fais ce commentaire simplement pour te dire que ce n'est pas parce que je suis silencieux que je n'apprécie pas tes textes, c'est tout le contraire.
Quand Six écrit une note, le silence qui suit est encore du Six ;-)
Ecrit par : Comme une image | 03.06.2008
Merci beaucoup CUI!
Il me fait grand plaisir ce commentaire (d'ailleurs si les comms étaient déjà fermés, je ne l'aurais jamais lu, me privant donc d'un plaisir...)
Ceci dit, c'est drôle que tu évoques la possibilité, j'en ai parlé il y a quelques jours avec H20, qui elle a "sauté le pas", et j'étais plutôt tentée, c'est vrai.
Est ce que l'on écrit différemment quand les comms sont fermés?
Ecrit par : Six@CUI | 04.06.2008
@ Six : Yes. Plus libre, je crois.
Ecrit par : H2.0 | 07.06.2008
Oui mais même en fermant les comms on donne des nouvelles de soi aux exs, et ça, ça me dérange un peu!
Ecrit par : six à H2.0 | 07.06.2008
Hum, alors si pas de mot de passe (nous sommes d'accord sur les raisons de ne pas le faire), il faut dissocier. Sorry :(
Ecrit par : H2.0 | 09.06.2008
Je préfère quand les commentaires sont ouverts, en fait.
Parce qu'il arrive que l'envie de commenter s'impose. Simplement, sur tes textes du moment, c'est plus rare.
Ecrit par : Comme une image | 10.06.2008
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