01.07.2009

J'ai des doutes sur la libération sexuelle des hommes

Chère lectrice voluptueuse et désormais légèrement hâlée, je viens de découvrir, grâce à une liste chez John, le merveilleux John, un blog superbement écrit, celui de l'homme modèle.

 Je l'ai parcouru et ne saurais trop te conseiller de faire de même, une fois ta douche prise et ton lait corporel ou ton huile prodigieuse appliquée, oui : il y a des règles à respecter.

 C'est superbement écrit, on ne peut pas commenter c'est à mon avis parfois très lucide et parfois empreint d'un cynisme ou d'une hargne qui m'amènent à douter.

 Je suis effectivement très intéressée par les blogs à caractère érotique et bien écrits mais une question me taraude: parmi ces blogs, ceux qui sont très régulièrement alimentés sont-ils effectivement compatibles avec une vie très remplie d'homme qui travaille pour de bon, qui rencontre beaucoup de femmes et leur donne beaucoup de plaisir? Comment en plus concilier cela avec la discipline que suppose l'écriture? Car tu t'en rendras compte si tu y vas, divine lectrice émoustillée, cet homme est un authentique écrivain.

 Par ailleurs à mon avis, pour produire un texte émouvant, interessant, il faut, j'en suis certaine, qu'il y ait un problème.

Personne n'écrit bien sans raison, surtout sur un sujet précis.

 Alors je te le demande à toi, chère lectrice érotiquement curieuse, comment se fait-il que tous ces blogueurs réguliers et qui baisent écrivent encore? Un copain bloggeur de ma connaissance qui baise beaucoup en ce moment et se reconnaîtra laisse son site en friche, évidemment. Pour les autres que dire? Baisent-ils suffisamment pour être heureux, puisque la polygamie est parait-il un choix et l'érotisme dénué d'attachement la manière la plus agréable de vivre, dans une morale du plaisir? Mais si tel est le cas, pourquoi éprouvent-ils encore le besoin d'écrire et de se cantonner à ce sujet là?

 (l'art pour l'art existe mais il ne parle pas que de relations érotiques)

 N'y a-t-il pas plutôt un bon fond de frustration sentimentale ou éthique, de regard blasé, d'insatisfaction chronique ou des relents de morale catho dérrière tout ça? Que nous autres pauvres petites qui attendent le prince charmant, nous ayons le temps de blogger dans tous les coins comme des chiennasses affamées d'amour et esseulées que nous sommes, passe encore, mais pour les super-héros de l'aventure sans lendemain parfaitement heureux dans leur libertinage, c'est absolument inconvenant! 

Si on établit une morale de l'instant et du plaisir, qu'on s'y tienne et surtout qu'on la vive, sinon je ne peux pas y croire.          

Commentaires

Je pourrais vous écrire un roman sur le sujet... j'en ferais bien une note à mon tour...

Ecrit par : caliste | 01.07.2009

J'attends la note et le roman, dans l'ordre qui vous convient le mieux ;-)

Ecrit par : MademoiselleSix@Caliste | 01.07.2009

Notez que si je vous écris un commentaire pour vous dire que je vais écrire une note sur le sujet que vous abordez dans votre note, on touche un peu le fond de la communication bloguienne.

Je ne sais pas comment la part des choses entre l'exhibition vaguement intéressée (que celui qui n'a jamais pensé que son blog pourrait être un médium fonctionnel pour la "chasse" lève le doigt) et la réelle introspection. D'ailleurs faut-il faire cette part des choses ? Votre analyse est assez juste mais n'est elle pas un réductrice ? Et puis le blog n'est jamais qu'une forme d'ellipse pas toujours connectée avec le temps "réel" où l'on poste non pas en fonction de son "activité" mais plutôt de son inspiration...
Soit, je poursuis le débat chez moi. Je suis lancé...
(désolé pour les longueurs...)

Ecrit par : caliste | 01.07.2009

C'est par ce fameux John que j'arrive ici et je ne suis pas déçu.

Sinon, tout simplement, leur blog est un moyen de choper encore plus.

Désolé de dénoter au niveau du style.

Ecrit par : Archie | 01.07.2009

Vous êtes lancé, j'en suis ravie. Si je peux contribuer à stimuler une écriture, j'ai réalisé une belle chose.
On ne touche pas le fond, on va à l'important: l'écriture!
Et oui la distinction entre "chasse, péché, état de nature et traditions familiales" est inepte (les insomniaques comprendront).
Mon analyse est rapide mais je ne la crois pas réductrice. Il y a des libertins qui n'écrivent pas, ils ne vont pas forcément très bien, il y a des libertins qui écrivent, ils écrivent bien dans des cas très rares, ils n'ont pas l'air heureux non plus (puisqu'ils écrivent).
Quant à la chasse, je ne compte plus le nombre de déceptions que l'on m'a racontées à ce sujet, les hommes et les femmes ont des discours et des envies différentes. Certaines femmes veulent appater des hommes, les plus habiles d'entre elles en prétendant ne pas vouloir les appater. Entre temps personne n'évolue.
Quant à la temporalité des blogs, je suis d'accord avec vous, l'inspiration joue, mais je pense qu'elle est liée à la libido, assouvie ou pas. Je ne poste pour ma part que sur l'instant, je n'ai aucune note en réserve, mais ce n'est peut-être pas le cas de tous!

Ecrit par : MademoiselleSix | 01.07.2009

Merci de dénoter, dénoter c'est nourrir (et non, je te vois venir je n'ai aucun problème avec la bouffe ou les nourrissons).
Sache juste que j'ai mal au pieds. j'ai découvert ton blog avant de sortir, et j'ai mis mes 9 cm de talons malgré la température.
Une hérésie.
Tu es convaincant.

Ecrit par : MademoiselleSix@Archie | 01.07.2009

:) Vivement l'hiver.

Ecrit par : Archie | 01.07.2009

chopper "encore plus". ça suppose que les bloggeurs sont moches, non?

Ecrit par : MademoiselleSix@Archie | 02.07.2009

Vous touchez la un point important Miss Six. Non pas sur ma personne, bien que ce matin je ne pourrais refuser: les orages, la lourdeur du climat ont quelque chose d'electrique qui me survolte. Ou n'est ce que la caféine de ce matin ?
Mon apréhension à ouvrir un blog tenait à ce détail: j'écris mieux (?) lorsqu'il y a un problème. Cela a toujours été le cas et les mots me viennent naturellement. Mon premier article venait d'ailleurs d'une révolte profonde et le seul fait de penser à le coucher sur un support est assez libérateur.
Une autre référence, mais ne tirez pas sur le bloggeur, est Francis Cabrel qui ne peut écrire qu'en état de tristesse . Oui il n'y a qu'à voir la plupart de ses chansons. Mais on ne peut pas être déprimé tout le temps pour écrire.
Donc vous avez raison de poser cette question. Et le blog de l'homme modèle je l'ai trouvé... wow.

Ecrit par : John | 02.07.2009

mdr!
Ca me fait penser, qu'un jour j'ai rencontré l'un de ces prédateurs sexuels au talent littéraire indéniable. Il cherchait d'ailleurs à écrire un bouquin, en avait commencé plusieurs, tous arrêtés vers la page 30 (oui, la page 30, c'est vraiment là où tu te rends compte que tu pourras pas en tenir 200).
Hé bien il mesurait 1m73, pesait 110 kg, était très laid et avait un micro-penis. Il n'était pas vierge mais presque.
Depuis, j'aborde les blogs des hommes modèles avec beaucoup moins de fantasmes...
Mais.
Je n'aurais qu'un conseil à te donner: contacte-le, tu verras bien ;-)

Ecrit par : Next | 02.07.2009

Voilà, j'ai donc écrit le roman...

Ecrit par : caliste | 02.07.2009

Bordel, John, Cabrel?!!!
L'orage ne vous vaut aucun bien!
Plus sérieusement, ce qui m'intéresse c'est que la libération sexuelle des hommes et peut-être des femmes (mais c'est moins sûr) ne semble pas les rendre (les hommes) plus heureux, voyez ce qu'écrit Caliste sur son nouvel espace!

Ecrit par : MademoiselleSix@John | 02.07.2009

Que j'ai lu.
Merci d'avoir pris la peine et le temps de m'éclairer.
La forme elle-même de ce que vous écrivez donne un peu raison à Archie, qui, je cite, dit que vous voulez "chopper" car je te cite " C'est aussi grâce au blog que le partage d'expérience peut déboucher sur des belles rencontres (qu'elles soient épistolaires ou plus charnelles) sans pour autant qu'elles en deviennent la finalité..." ce n'est pas une finalité, mais tu le précises quand même, comme le dit mon maître à penser "ce qui a lieu d'être ne va pas sans dire".
les blogs de femmes "sentent souvent plus le vrai là où quelques blogueurs masculins ayant un pignon sur la rue des blogs assènent leurs lecteurs d'une écriture, souvent de très haute qualité mais aussi hermétique que décontextualisée". Je ne sais pas, il me semble que je suis une femme mais que je n'écris pas en contexte, ou plus, la différence ne vient pas du genre mais de l'intention, à mon avis, justement.
"quant à la morale de vie s'y tenir et la vivre n'empeche pas de s'interroger à son sujet". C'est vrai et nous nous rejoignons sur ce point. Simplement moi je parlais de la validité d'une morale du plaisir, toi tu parles il me semble d'une validité de la morale des pulsions. Or, est-ce qu'une morale des pulsions peut exister? est-ce qu'il ne s'agit pas plutôt d'une validation a posteriori du comportement le plus confortable possible? Je ne te mets pas en accusation, je pose la question. On écrit parce qu'il y a un problème ou parfois, peut-être, pour se justifier: tu as quitté ta femme, tu a une compagne, tu peux "encore" aller voir ailleurs parce que ton corps te le permets . Je crois qu'il va me falloir à moi aussi plus d'espace pour poursuivre le débat....

Ecrit par : MademoiselleSix@Caliste | 02.07.2009

S'il faisait de la photo, on a peut-être rencontré le même ;-)
Très heureuse de t'avoir fait rire!

Ecrit par : MademoiselleSix@Next | 02.07.2009

Je pense que la lecture de la phrase suivante "C'est aussi grâce au blog que le partage d'expérience peut déboucher sur des belles rencontres (qu'elles soient épistolaires ou plus charnelles) sans pour autant qu'elles en deviennent la finalité..." ne se lit pas "je fais ce blog pour chopper un maximum". Mais bon c'est toujours une question d'interprétation. Si je faisais ce blog pour chopper un maximum, j'aurais, au vu des résultats, arrêté depuis longtemps de perdre mon temps... .

Vous tenez effectivement un des rares blogs féminins que je lis qui soit relativement décontextualisé. Mais je précise bien que c'était une impression tout à fait subjective liée à ce que je lis. Aucune volonté de devenir un "théoricien" des blogs.

Sur la validation de la morale
Non, je ne cherche aucune validation à posteriori de mes comportements. Quel en serait le sens ? Je me soumets pas à une forme de jugement et nous recherche pas l'assentiment de mes pairs. Il y'a rien qui, dans mes lignes, sonnent comme de la recherche de justification. D'un point de vue de l'éthique judéo-chrétienne ou de la morale façon "le prince charmant est arrivé", je suis sans doute une ordure. Mais comme je ne cherche pas non à définir ce qui relève de la vertu et du vice, je crois qu'on est hors sujet.

Et puis si le comportement est agréable, il est tout sauf confortable, dans mon cas. La morale ne s'entend pas ici, dans un sens éthique. De toute manière, c'est quoi l'éthique d'un comportement personnel ? Il y'a des gens biens et des gens mauvais de par la nature de leur comportement ? Beaucoup de questions en effet. Mais je vais arrêter de parler de moi. Le sujet est assez dérisoire.

Ecrit par : caliste | 03.07.2009

Il me semble qu'il y a un malentendu, voir plus d'un malentendus. Mes remarques étaient au départ nourries par la lecture de certains points spécifiques d'un blog qui n'est pas le tien d'ailleurs.
Je maintiens que ton propos donne raison à Archie et qu'admettre de vivre en satisfaisant ses pulsions nécessite sans doute un cheminement moral qui aboutit à un certain confort de vie, un agrément si tu préféres. L'éthique d'un comportement personnel selon moi, c'est se fixer une ligne de conduite qui ne fluctue pas selon les opportunités: par exemple il est très facile d'être fidèle quand on est moche, fatgué ou vieux et il y a sans doute des hommes qui se déclarent monogames quand ils sont dans ce cas. Je préfère un vieux libidineux qui dit et se dit "je ne baise plus parce que je ne peux plus/ parce que plus personne ne veut de moi" qu'un mec qui prétend que sa morale a évolué et qu'il est sur le tard, devenu fidèle.

Ecrit par : mademoiselleSix | 03.07.2009

Et, oui, Cabrel et tant d'autres qui restent à tourner dans mes neurones comme si une boucle les empêchaient de sortir. Et Cabrel est loin d'être le pire. Désolé d'avoir traîné mes oreilles un peu partout dans ce Monde et d'en avoir gardé des souvenirs. Ma mémoire fléchira avec l'âge donc cela devrait s'atténuer.
La libération sexuelle nous rend-elle plus heureux ? Si on pense en ces termes on a perdu d'avance. Comme toute liberté, c'est ce qu'on en fait qui influe sur notre moral(e). Sans doute les hommes la gâchent-ils plus facilement que les femmes. A voir. Un(e) volontaire pour lancer une telle étude ?

Ecrit par : John | 03.07.2009

Très cher John, (notez au passage, je vous en prie, mes variuations subtiles d'adresses à vous)
Cabrel en boucle dans vos neurones: la situation est grave , mais pas désespérée: je vous prescris Glenn Gould et Nick Cave comme antidotes rêvés.
Les femmes gâcheraient moins facilement la liberté sexuelle que les hommes? L'idée est intéressante, je ne saurais dire si elle est étayée par les faits. Je me suis dit hier soir en marchant dans la rue que la seule vraie subversion sexuelle aujourd'hui résidait dans l'asexualité. Quant tout le monde fait tout avec tout le monde, ne plus rien faire devient la seule manière de s'exprimer.
Faire une étude sur la liberté morale créee aujourd'hui par la libération sexuelle et son état relatif chez les hommes et les femmes? ou sur son influence sur l'extinction de la structure familiale?

Ecrit par : MademoiselleSix@John | 04.07.2009

En ce qui me concerne (je me sens vaguement visé par un des propos), je laisse mon burp en friche pour des tas de raisons qui se juxtaposent et finalement se rejoignent sur une sorte d'aboulie générale qui atteint aussi le domaine sexuel où, certes, je baise, mais je ne conquiers pas. Autrement dit, et je ferai de mon exemple une généralité, il n'y a pas nécessairement de relation de vases communiquants entre l'investissement sexuel et l'investissement littéraires, même si au finale 24 heures ne durent que 24 heures où il faut caser le travail nutritif, l'écriture, la sexualité, la nourriture, le sommeil, la vie familiale, la vie de couple, la vie sociale et d'autres occupations contingentes. Des tas de « stimuli » peuvent nourrir l'écriture et une sexualité qui prend aux tripes en fait partie.
Bref, votre homme modèle n'est pas forcément un fake.
Et quoi qu'il en soit, vous pouvez fort bien l'aimer (oui, l'aimer) juste pour ce qu'il vous donne, là, un plaisir de lectrice (et peu importe que ce soit un beau gosse chargé en testostérone, un gros porc rêvant sa vie ou une retraitée cherchant un autre débouché qu'Agatha Christie.

Ecrit par : Comme une image | 08.07.2009

On est d'accord, cui.
La seule chose qui m'agace un peu dans le blog de l'homme modèle, c'est une sorte d'agressivité dirigée vers les femmes parfois, alors qu'elles semblent lui apporter beaucoup de belles choses. D'où ma réaction.

Ecrit par : MademoiselleSix@CUI | 08.07.2009

On s'énerve toujours un peu contre ce que l'on ne maîtrise pas mais que l'on sent être indispensable à notre vie.

Ecrit par : John | 08.07.2009

A macholand, pays de l'illusion de la maîtrise totale, sans doute....

Ecrit par : MademoiselleSix@John | 09.07.2009

Nous sommes d'accord. Ce genre de remarque a failli se retrouver dans une nouvelle note sur monblog suite à votre remarque sur une étude sur la libération sexuelle et "son influence sur l'extinction de la structure familiale". Je ne voyais pas d'influence au premier abord et pour finir je soutenais cette thése en m'appuyant sur ces comportements de possession et de contrôle qu'ont généralement les hommes au sein du couple. Et je ne dis pas que j'en suis exempt en permanence.
Donc pleine de contradiction, à mon image, cette note n'a pas vu le jour.
Si, juste le temps d'une relecture...

Ecrit par : John | 09.07.2009

Mais, mais, (léger rictus, lêvres tremblantes) c'est que nous aurions aimé la lire, cette note, John!

Ecrit par : MademoiselleSix | 12.07.2009

Ecrire un commentaire