19.07.2009

Juger/comprendre

Je reviens sur cette dichotomie qui n'en est pas tout à fait une, finalement.

Juger, ou porter une opinion ne représente pour moi que l'étape primaire d'un cheminement.

Je suis une femme sans grandes certitudes que quelques unes qui portent sur ce que je veux faire de mon temps.

Donc juger pour moi, ce n'est qu'entrevoir. C'est plutôt dire "que ce soit de manière jubilatoire ou vomitive, tel, ou tel autre sujet, phénomène ou événement, me fascine, me convoque. Il faut, et c'est un impératif, mener plus avant l'investigation et la rencontre avec cette réalité.

Par exemple, j'ai revu l'ascète (oui je sais merveilleuse lectrice bienveillante et presque maternante, je n'aurais pas dû, la fréquentation des hommes mal lunés est une mauvaise chose) et il me disait tout à l'heure "pour tes études sociologiques tu devrais commanditer une enquête sur mon lieu de travail"

Preuve encore qu'il n'a rien compris.

La douleur subie ne m'intéresse pas, en ce moment.

Et en matière d'étude, je suis plutôt portée vers les hommes bien lunés (c'est à dire vers ceux qui ont un joli cul). Je suis parfaitement d'accord pour mener une étude sur un cheptel selectionné.

John, je crois que tu sais aussi bien que moi que l'époque du jugement est une chose révolue. Je pense que tu es plus fin que ceux qui se glorifient d'une subversion à la petite semaine à l'idée d'être (ouh la la!) adultérins.

Je ne juge pas les gens dont je parle dans ma galerie. Ils sont mes proches, mes semblables. je les crois tous de bonne volonté.

Certains ont bien entendu, des projets humains plus ambitieux que d'autres, et je ne montre pas forcément le versant le plus avenant de chacun, mais ils m'apparaissent tous comme des précurseurs, ou du moins comme des individus qui, tous, cherchent une alternative au lent et inexorable pourissement du romantisme.

Je serais incapable d'écrire une ligne sur une personne qui n'ait pas emporté, sinon ma sympathie, du moins mon étonnement curieux et bienveillant.

J'admire, pour une raison ou pour une autre, forcément imperceptible dans ces lignes, tous les individus sur lesquels je me penche. Il y a forcément de l'amitié ou un peu de connivence, voire même un hommage, dans le fait de tapoter un clavier pour parler d'un autre. Seulement je ne parle ici que de leurs choix conjuguaux, narcissiques ou sexuels. Et ce ne sont pas forcément leurs plus évidentes réussites. (sinon pourquoi en parlerions-nous?). C'est peut-être la raison, ou le prix à payer pour leurs talents, qui sait?

Il m'a semblé surprenant que vous écriviez "cette femme, on ne doit pas la juger" Il me semble évident, il me semblait évident en l'écrivant que si on devait la juger, c'était pour la glorifier. je pensais l'avoir écrit. l'avoir fait passer. Vous vous êtes peut-être un peu identifié au jugement dont elle pourrait faire l'objet? Je ne sais pas. Ce qui m'intéresse avant tout, c'est de savoir quel est le chemin que chacun prend pour trouver son existence, sinon sa joie.       

Commentaires

Peut être un petit problème de sémantique de mon côté chère Six. Je distingue pour ma part juger et critiquer. Juger relève de la thèse-antithèse-synthèse dans le but de déclarer une culpabilité ... ou pas.
Critquer doit être plus tourné vers une description objective , si tant est que cela existe réellement, description des faits positive et/ou négative même is le sens du mot "critiquer" à plutôt cette dernière consonnance.
Et il est vrai que pour moi également, les gens dont j'ai envie de parler sont des gens qui me touchent putôt positivement malgré leurs défauts . Je vous parlais d'exemples de femmes que j'aurais jugé mais leur sort m'importe peu aujourd'hui, même si leur vie peut avoir une conséquence sur la mienne.
Il est donc peu probable que j'en vienne à étaler des mots à leur sujet sur mon blog.
Et merci pour l'allusion à une certaine finesse qui me caractériserait: je vous rassure à ce sujet, je peux être d'une lourdeur incomparable.
Deuxième remarque: passons-nous au "tu" ? J'avoue que cela me serait plus aisé mais je ne sais s'il s'agit d'un appel du pied ou juste d'un reflèxe épistolaire. Le "you" anglais est tellement plus pratique.

Ecrit par : John | 20.07.2009

Pour le "tu" et le "vous" c'est as you wish, moi alterner ne me dérange pas, bien au contraire.
Pour le reste oui la critique positive, c'est cela pour la femme dont il est question ici car sa bienveillance et sa connaissance de ses propres désirs sont réelles, du moins je le lui souhaite. Je suis tout de même curieuse de savoir ce qu'ont bien pu faire les femmes que vous jugez coupables...

Ecrit par : MademoiselleSix@John | 21.07.2009

A être trop polie, on suscite l'ennui. Voilà ce que j'en dis^^

Ecrit par : Next | 22.07.2009

Polie ? Comme sans angles, smooth ?

Ecrit par : John@Next | 22.07.2009

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