17.04.2008
Aimer un cinéphile
"t'aurais pas un film de schtroumphs?"
"Un quoi?"
"Ben, un film porno, un film de boules, quoi!" répondis-je en résistant à l'envie de joindre le geste à la parole.
Cette cossarde poisssonière démodée qui s'exprime, c'est moi, je l'avoue, et le dialogue ne date, hélas, que de quelques mois. Le soir même je m'endormais devant Destricted , intéressée par Matthew Barney, vaguement réconciliée avec Gaspar Noé que je haissais depuis Irreversible. Il me fallait m'atteler à un travail de fond, nous ne nous étions pas compris.
Le lendemain, on organisa pour moi une projection supplémentaire: je découvris Russmeyer et les bikinis jaunes de son héroine au frère incestueux, un montage d'une audace qu'on prendrait facilement pour de l'incurie, ainsi que les meilleurs doublages voix que j'ai entendus de toute mon existence.
Je n'étais cependant pas satisfaite. Ce n'était pas du porno, nonobstant la fermeté soudaine décelée sous le jean de mon bien aimé lorsque nous vîmes Mega Vixen. Apparemment ON ne souhaitait pas visionner un vrai porno avec moi et ON espérait que je me contenterais d'une série de courts métrages érotico- artistiques ou de comédies seventies erotico-décalées. On se trompait. Lourdement. Ce que je voulais c'est voir ce que les garçons regardent très tard le soir, dans le silence apaisant et protecteur de la solitaire nuit noire, une main dans le boxer, l'autre prête à "rewind" sur les scènes jugées les plus satisfaisantes.
J'aurais bien voulu aussi, c'est vrai, jeter un oeil à cette collection de films pornographiques dirigée par Lars van Trier et réalisée soit disant pour des femmes, c'est vrai, j'aurais bien aimé, mais alors peut-être plutôt très tard le soir, dans le silence apaisant et protecteur de la nuit noire et solitaire, une main entre la dentelle et le téton, l'autre sur le clitoris, cherchant fébrilement des yeux la télécommande pour "rewind" les scènes jugées les plus satisfaisantes. Sait-on jamais, malgré les avis mitigés, ce que peut vous faire une série de films érotiques destinée exclusivement aux femmes? Mais cette vile satisfaction restait un objectif secondaire.
Ce que je voulais vraiment, c'est savoir si le genre de films qui étaient, fut un temps, diffusés sur une chaîne cryptée ou dans des salles spécifiques, ceux dans lesquels apparaissait Rocco Siffredi dans son habitat naturel (puisque je ne l'ai vu que chez Catherine Breillat) pourraient me titiller, voire me faire frétiller de luxurieuse impatience. Je voulais voir un porno "classique" en quelque sorte, un film pour lequel l'épineuse question de la distinction entre érotisme et pornographie ne se pose même pas, pas une seule seconde, pas un Mishima, mais de la grosse artillerie, du pono, du trash. Comme souvent, je ne voulais pas, bien entendu, élargir le champ de mes coupables pratiques copulatoires mais bien plutôt comprendre l'état d'esprit et le statut érectile de mon mâle congènere devant un spectacle qui soit à la libido masculine entièrement destiné. Cela va de soi. Le "dis, on fait tout ce qu'ils font dans le film et celui qui n'y arrive pas à un gage" très peu pour moi, bien entendu.
Pour éviter ce genre de blagues, il suffit de se repaître de quelques unes des vidéos proposées par Hogtied, me direz vous, et plus particulièrement par la section "water bondage", impossible de lancer des défis alors à qui ne possède ni piscine, ni aquarium géant ni pain de glace d'une centaine de kilos, ni crochets mutiples au plafond. Mais il se trouve que les vidéos Hogtied étaient les seuls films éstampillés "sex for sex" que j'avais jamais vus. Et d'ailleurs le BDSM n'est jamais juste du sexe pour le sexe. Les videos Hogtied ne sont pas récréatives, elles sont informatives, pédagogiques même.
J'insistai donc pour que l'on m'éduque, j'insistai beaucoup. Et me retrouvai donc hier soir devant
un film de Damien Odoul
l'histoire de richard O. Amalric joue bien, son partenaire Stéphane Terperaud a un talent à couper le souffle, l'histoire et les préoccupations qu'elle soulève sont éminement contemporaines et authentiques, le passage en revue des fantasmes féminins et des obsessions masculines est très bien vu, l'analogie de la lutte est intéressante, le tout très bien mis en image, une image qui justement par son côté peu formaté, moins léché, presque vieilli rend le tout très sensuel très proche, très réaliste en fait. Et puis il y a la varieté des corps qui ajoute à ce réalisme, des corps différents, des seins tous différents, des corps dans la grace de la nudité, des corps surprenants: des grands des bléssés (vrais ou fantasmés, quelle importance?) et surtout des femmes qui ont des corps vivants et pour lesquels mon bien aimé me dit: " c'est intéressant de montrer des corps "de tous les jours" des corps qui ne soient pas refaits ou présentés pour la caméra, comme dans une scène pornographique classique, ou comme dans n'importe quel film ou tout corps atypique selon la norme marketing en vigueur n'existe que par sa différence avec la norme et en est estampillé".
"Sauf que moi, un porno classique, j'en ai toujours pas vu un seul, bordel!!!"
11:27 Publié dans Au cinéma | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, pornographie, érotisme, damien odoul, destricted, russmeyer, journal intime
08.05.2007
Robbe-grillet, C'est Gradiva qui vous appelle
Le film d' Alain Robbe-grillet sera demain à l'affiche. Je n'ai pas encore eu l'occasion de le voir, alors pour me donner un avant goût, je suis allée me promener sur les sites qui en parlent. Il y a tout d'abord le site officiel du film: http://www.zootropefilms.fr/Gradiva puis en papillonnant , je suis tombée sur ces deux articles:
http://www.filmdeculte.com/film/film.php?id=1628
http://artsetspectacles.nouvelobs.com/p2217/a342287.html
Je ne sais pas si je suis légalement autorisée à les mettre en lien ici, mais vraiment, ils valent le coup d'oeil. Me surprennent d'un côté la virulence, de l'autre le constant recours aux références. ce qui transparait pour moi, dans les deux cas, c'est l'impression que leurs auteurs ont été piqués "à leur corps défendant". ce qui implique pour moi que le film a touché juste. Ici on convoque le texte initial de la nouvelle de Jensen, de son analyse par Freud, là l'adaptation textuelle qu'en a produit Alain Robbe-grillet il y a quelques temps, ici encore la deconstruction du récit, là les films de Pasolini(quel rapport, vraiment entre Salo, et la gradiva?, si ce n'est à l'écran quelles images de pratiques sm, la reflexion théologique de Sade n'a rien à voir avec le SM). Bref, on cherche des repères, on les a perdus, alors même que l'on critique le film, on cherche, peut-être, déjà, sa Gradiva ? Auquel cas je ne peux qu'être admirative et je penserai sans doute que c'est un chef d'oeuvre qu'a là réalisé Robbe-grillet. Car en relisant l'article de Roland Barthes sur la Gradiva, (dans Fragments d'un discours amoureux) j'en suis encore plus convaincue, au coeur du phénomène de la gradiva, il y a l'image, obsédante de la femme, le délire visuel, et Robbe-grillet ne s'est pas contenté de proposer une relecture de la nouvelle (donc du texte), il l'a bel et bien mise en images, en film. Pour moi, l'homme ou la femme possédé d'obsession c'est bel et bien celui ou celle qui se crée un scénario mental qui atteint ensuite sa perception visuelle sensible . Or dans les critiques que je lis je vois des recherches de système, des resistances, mais très peu de commentaires sur l'orientalisme, sur Delacroix, sur la représentation sur le fait que le personnage principal est critique d'art. M'est avis que par delà ce qui, sans doute, a dérangé ses détracteurs, qui le sont peut-être aussi parcequ'il supportent mal qu'il soit parvenu à proposer des structures différentes en littérature et en cinéma, se sont tous fait joliment piéger et emporter par la Gradiva elle-même.
12:00 Publié dans Au cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, érotisme, femme, journal intime
29.04.2007
Ensemble, c'est tout
Nous somme allés voir ce film ce soir. Cette séance chevauchait (non, non, rien de BDSM là dessous), celle de Destricted ,et nous hésitions mais la note de Bricabrac ainsi qu'une photo de corps nus sur une pelouse, au ciné lui même, nous ont largement dissuadés. Mais bon il y a un boulot de matthew Barney donc j'irai sans doute quand même. Quand je dis "nous" il faut entendre moi et Mc, pas moi et mon maître. Nous avons vu la B.O du film dans lequel Marianne Faithfull joue ce qui m'a évidemment rappelé une séance autographe avec C.A. Malgré une B.O. très "Ken Loach", dont je n'ai aucune envie en ce moment, j'irai sans doute voir celui là. J'irai aussi voir La Gravida, plus pour la note de Barthes, que me rappelle le titre, dans "fragments d'un discours amoureux" et pour les jolis plans BDSM que j'ai entrevus que pour le parti pris narratif, au départ, et que pour Robbe -Grillet . Après le film nous sommes allés boire, moi un cidre pression, Mc un whisky irlandais.
Puis je suis rentrée et j'ai pu constater, que, comme dit mon toubib, je suis une "authentique insomniaque". Aujourd'hui j'ai fait un jogging, je suis allée au marché, au supermarché, j'ai acheté et tracté un bureau années 50, il est 5 heures du mat' et je ne dors toujours pas. Je me suis fait les ongles, j'ai commencé à poncer ce bureau, et comme le mêtre ruban était là sur la table, rapport au meuble, j'ai pris mes mensurations: Mc a raison, je ne fais plus un 85 B, mon tour de seins c'est 95, pas étonnant que je me sente à l'étroit dans mes soutien-gorges! Mon tour de taille c'est 78, je suis grosse . Ce qui est surprenant finalement ce ne sont pas les chiffres, c'est que j'arbore une robe de broderie anglaise au décolleté maximal, assez courte, et que les regards dans la rue ne sont pas dégoutés. Je me demande même si la raison de cette expansion (outre ma présence derrière cet écran) n'est pas due à ma libération sexuelle. J'ai découvert cet espèce de gouffre de plaisir que représente pour moi maintenant ma condition de soumise et d'un seul coup tout m'était offert, pasta et parmesan en copeaux compris. Autant être honnête, si je regarde les faits comme ils sont, cela fait six mois que je vis uniquement pour mon plaisir sexuel au détriment de tout le reste. Mais passé la révélation, il faut construire.
05:25 Publié dans Au cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, sexe, bdsm, amour, corps, sexualité, femme
28.03.2007
les témoins.
La semaine dernière des rappels, sans doute nombreux, sur l'état des lieux dans le monde au sujet du sida, des petits rubans rouges, des reportages, des dons financiers, je suis passée au travers, je suis tellement passée au travers que je ne sais pas exactement de quelle type de manifestation il s'agissait, journée mondiale de lutte? peut-être bien mais je n'en suis pas si certaine. J'en éprouve une sorte de honte, légère, mais réelle; c'est sans doute bien dommage, un peu futile de ma part mais le côté institutionnalisé, quasi commémoratif du truc ne fonctionne plus avec moi. Il fut un temps ou je recevais plein d'infos par la poste, des cartes et des statistiques que je diffusais où je pouvais et où je m'employais sans relâche à fustiger le meurtre organisé de l'Afrique noire par l'occident à souligner notre inconscience et à blâmer l'absence de pression politique sérieuse sur l'industrie pharmaceutique. Ce temps est révolu et j'étais devenue une occidentale lambda peu concernée, à coups de capotes, de partenaire régulier et de bonne santé jusqu'à justement la semaine dernière.
Cela faisait plusieurs jours que je réclamais à mon ami Mc de m'emmener voir le dernier film de Téchiné, pour la confusion des affections, pour la liberté réelle dans l'amour que je supposais chez les personnages du film, parce que l'anamour d'une mère lorsque son enfant arrive et le fait que peut-être il faille l'apprendre plus qu 'attendre cet amour matenrnel, est un thème qui me touche, parce que Michel Blanc est presque devenu beau, ou pour le moins charismatique et tout à fait charmant (mais bon, sur les crânes chauves et les larges lunettes, je ne serais jamais qu'enthousisaste) , parce que l'un des personnages un homme se découvre, tout desemparé une passion érotique pour un autre homme et que ça je savais que ça ne pourrait que plaire à Mc, et surtout parce qu'Emanuelle Béart est une beauté et une actrice prodigieuse.
Ce que je n'avais pas prévu, c'est que Sami Bouajila camperait avec une telle justesse les hommes tels que les percoivent les femmes, ou alors tels que je les perçois moi, attendrissants dans le silence de leur douleur avec cette retenue qui les empoisonne parfois et qu'à chaque seconde je voyais vraiment àl'écran, les hommes dans leur globalité, à quel point la lucidité féroce du médecin que joue Michel Blanc me frapperait comme une déclaration d'amitié vis à vis de ce couple, à quel point Johan Libéreau, qui joue le personnage de Manu donnerait si justement cette image de la jeunesse belle et tapageuse, insouciante qui se trouve soudainement et dans l'injustice la plus totale, frappée en plein vol puis fauchée par les hasards crédibles d'un virus inconnu.
Ce que j'avais encore moins prévu c'est qu'au fur et à mesure que sa santé se dégrade, jusqu'au moment où il demande à Sarah, au soir d'un nöel dont il sait qu'il sera le dernier et où elle comprend à ce moment là qu'elle sait ce qu'elle doit écrire, je me dirais que tout est fait pour que l'on se souvienne que tout ça c'était il y a vingt ans, on le ressent très bien à cause des décors, et à un faisceau narratif très bien mené qui pourrait rendre le film historique, au sens où il traite du passé.
Seulement et c'est de là qu'est venu le malaise utile, la grosse claque éducative pour moi, toute cette déchéance dégoutante que vit Manu qui l'oblige à ne plus s'aimer du tout,à en vouloir aux autres, juste à cause d'une fois, et ça, ça n'a rien d'historique, c'est même très actuel sauf que nous n'avons plus l'ignorance, ni l'innocence de l'époque ce qui signifie que chaque prise de risque inconsidérée de notre part est une sorte de manquement à ce qu'ont vécu les personnes qui ont été contaminées par ce virus il y a une vingtaine d'année.
13:00 Publié dans Au cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : santé, sexualité, journal intime
18.03.2007
Aimer
A la faveur d'une enième insomnie j'ai revu Vendredi un film qui a longtemps été mon favori, pour ne pas dire franchement puisque je n'aime pas beaucoup l'expression mon film "culte" à l'adolescence. Je l'aimais pour les magnifiques plans sur l'élégance du dos de Romy Schneider, drapé dans des robes dont j'ai appris plus tard que le réalisateur les avaient patiemment choisies une à une, je l'aimais pour le romantisme, l'hubris, la violence des sentiments, le romantisme excessif auquel je n'avais pas accès à quinze ans et dont je me disais qu'il figurait exactement la vie que je voulais mener. Je venerais ce film parce que j'y voyais des aspects du sublime, et non du mélodrame.
Nadine, le personnage féminin unique du film, et de la pièce dans laquelle elle joue, d'ailleurs, m'était un modèle d'élégance, de vie vraie et de beauté, je ne voyais pas à l'époque qu'elle est avant tout un être fragile au narcissisme douloureux, incapable de vivre ailleurs que dans la représentation d'elle-même et qui en souffre et que c'est en cela qu'elle est belle avant tout, pas à cause de ses faux-cils, je ne m'inquiétais pas à quinze ans, d'une narration invraisemblable qui implique que l'annonce des deux morts, pour des causes très différentes, soit faite par le même médecin de garde, dans le même service d'un unique hôpital ce qui rend assez invraisemblable toutes les rencontres fortuites qui les précèdent puisqu'il n'y a aucune raison pour que tous les personnages vivent dans le même quartier. J'aimais les scènes d'hystérie collective soutenues par les envolées musicales de Georges Delerue. J'aimais et j'aime encore les yeux, et plus encore le regard sensible de Jacques Dutronc, mais j'apprécie maintenant plus encore certaines de ses répliques cinglantes comme: "Bien des femmes s'en contenteraient, surtout au Yemen" lorsque Nadine pique une crise après qu'il lui ait fait une déclaration d'amour.
J'aimais que le film soit mille fois supérieur au roman de Christopher Franck dont il est une adaptation, et que ce même roman porte le titre d'un film de Truffaut.
J'aimais surtout en cela l'invention ou l'amplification du personnage de Karl qui commence une bagarre de troquet par ce genre d'amorce "Etant, par exemple, un homosexuel de bonne famille....." ou qui justifie les dons qu'il fait à Servais par une tirade sublime sur le moyen âge, Thomas d'Aquin et l'honneur des femmes ou qui répond quand on lui dit "vous êtes fou", "non je suis riche" ou qui pour sauver Nadine de la crise de la trentaine, l'embrasse sur la bouche et lui dit"moi je m'accepte, je ne peux pas faire autrement, voilà tout ce que je peux te donner, tu es belle, nous vieillissons tous, nous sommes de pauvres marionnettes mais je donnerais tout pour être toi, tu comprends?". Aujourd'hui je me dis qu'un autre Karl qui travaille chez Chanel n'a rien inventé de l'élégance pour lui même et qu'il pourrait très bien la tirer d'une copie edulcorée de cette superbe performance de Klaus Kinski. Voilà le typede confusion réaliste qui me plait maintenant plus que les interactions onomastiques entre Truffaut et Zulawski.
Cependant, à la fin du film, Nadine arrive, magnifique, les cheveux tirés, vêtue d'un trench chez Servais qui vient d'être passé à tabac par les sbires de Mazelli, vieil organisateur de partouzes qui fait chanter les participants, en même temps que perversement, il les méprise. Servais a été laisse pour mort, Nadine entre dans la pièce, ne l'aperçoit pas tout de suite mais lorsqu'elle le voit un long plan fixe laisse présager que c'est la fin, et puis non, le mouvement reprend elle va le secourir, il s'embrassent dans un rayon de lumière, il n'est pas tout à fait mort, et ils vont enfin pouvoir s'aimer. Et bien je suis sans doute une incorrigible midinette, mais c'est aussi à cause de cette fin que je continue à adorer ce film et à croire à ce que fait le cinéma.
17:20 Publié dans Au cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, cinéma, insomnies
01.03.2007
Lady Ferran
Nous étions cinq à voir cette adaptation du roman de D.H. Lawrence ce soir là. je ne suis pas la seule à avoir aimé le film mais je suis la seule à ne pas l'avoir trouvé long. Dès le premier plan un peu long sur la nature, j'ai repensé aux soeurs de Women in love, au goût de l'une d'elle pour les miniatures et la patience, et puis j'ai souvent revu comme des plans insérés, des bouts de Rivette et surtout des constructions éphémères et lumineuses de maurice Pialat, j'ai beaucoup ri aussi en voyant ce film et l'éloge de la nature peut certes, parfois, Masterkey, faire penser à un documentaire de trente ans d'âge sur les nudistes allemands à la sauce queue de paquerêtte trop longue dans nombril trop sérré, mais l'aspect politique du roman est admirablement rendu, les acteurs sont bons et surtout, surtout, la voix de Pascale Ferran m'a émue.
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14:11 Publié dans Au cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, cinéma
20.02.2007
De la neige au printemps
Non pas qu'il fasse bien doux, mais la lumière change et j'ai des envies de légéreté, de nouveau parfums, de week ends à la campagne, voire en bord de mer, et de lectures joyeuses, Ici, un air de printemps s'infiltre un peu partout, et cette envie, pourtant, se distille en moi au moment même où je vais voir Snowcake au cinéma. Voici un moment que je voulais voir ce film, à cause de la bande annonce, qui m'avait séduite, et aussi à cause de la beauté de Sigourney Weaver, qui m'émeut toujours. Je n'avais pas jusqu'à hier trouvé le temps ou plutôt je n'étais pas parvenue à rassembler le courage nécéssaire pour affronter certains des thèmes du film, qui me sont trop proches et trop sensibles, fussent-ils traités avec élégance. C'est justement sans doute à cause de mon humeur enjouée que je suis finalement allée le voir hier, le moment semblait propice, je savais que l'histoire me toucherait, que l'interprétation me plairait je n'imaginais pas cependant que ce serait à ce point, ni que le traitement serait aussi JUSTE, pour moi mais je l'imagine, pour nombre d'autres spectateurs, ce qui en soi, est une pensée très douce et rassurante.
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J'ai beaucoup ri en voyant le film, tout comme je m'étais déliée, soulagée dans le rire au moment où les événements décrits là m'arrivaient dans ma vie à moi, lorsque les faits sont grotesques, malgré la douleur, on peut bien en rire, car il faut bien se moquer un peu de la vie (ou en l'occurence, de la mort)quand elle se montre stupide. Sinon quoi faire?
C'est au cours de la nuit suivante qu'une personne qui m'a beaucoup épaulée sans le savoir qui m'a accompagnée sans que moi même j'en ai conscience sur ce chemin là, aussi, m'est apparue en rêve. Mon inconscient étant d'une nature méfiante et d'une fainéantise remarquable, j'ai rêvé que cette personne m'offrait une galette des rois et la partageait avec moi. méfiant car cette galette des rois ressemblait, visuellement du moins, plus au gâteau "gâché" offert groissièrement par la voisine qu'au Snowcake qui lui fait un écho magnifique de compréhension pour Linda à la fin, fainéant parce que c'était en fait je pense un vrai Snowcake, mais d'épiphanie, dans tous les sens du terme, porteur de bonne nouvelle et de bouleversement, d'un vrai cadeau que la vie m'apporte. Il y avait bien longtemps qu'un rêve ne m'avait pas apporté tant de bien être simple et tant de joie.
02:55 Publié dans Au cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, cinéma, deuil, rêves, joie
26.01.2007
To love it for what it is....and then to put it away
Je suis tellement encombrée d'images, de mots, et même d'histoires, et personne ne semble s'en douter. je ne parviens pas à m'en débarasser. Les mots, les images et les histoires, comme des corps morts.
le problème, avec les morts, ce n'est pas qu'ils existent, c'est qu'on ne peut plus les éliminer.
J'ai trente ans et bien trop de morts au compteur, alors je jette des objets, je fais vaciller mes os sur un plancher, parce que je ne peux ébranler ni les mots, ni les images, ni les histoires.
Des années et des années de ritournelles à la Deleuze.....
Cette fichue nostalgie de l'intensité entre ceux qui sont morts et ceux que l'on a du laisser.
Je viens de revoir The hours, ça n'arrange rien.
00:05 Publié dans Au cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, cinéma
13.11.2006
scoop
Strauss et Tchaikowski en B.O, l'inévitable Scarlett toujours aussi charmante, du suspense, de la drôlerie et puis il y a:
LUI:
mais sans la moustache (ce qui finalement, n'est pas plus mal), ténébreux mais gentil dans le scenario et tout de même furieusement attirant, avec ou sans poils
ET LUI
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Y a-t'il besoin d'un commentaire?
ET AUSSI ET SURTOUT LUI
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A credit to his race, and of the funniest breed!
Franchement, que demande le peuple?
00:30 Publié dans Au cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, journal intime




