04.10.2009
L'amour aux aguets
La rareté d'un amour qui aurait la simplicité de partager la peur de la mort, de votre mort avec vous.
Amor reservatus, pour préserver ce trésor?
Sur le qui-vive.
je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir résister dans l'amour aux aguets.
Mais je sais que je gagne. L'amour n'existe pas quand vous êtes aux abois.
La deception et la trahison ont ceci de commun qu'elles sont toujours en embuscade.
Je gagne en connaissance humaine du moins et cette fois-ci, ce n'est pas immédiatement gai.
Ce qu'il faut, ce sont des âmes plus fortes. Plus aguerries peut-être, sans être complétement fichues pour autant, sans être trop vulnérables. Des personnes suffisamment mondaines pour n'être pas rongées par les mondanités
J'ai appris trop de choses dans ce dénument-là, trop de choses en une seule semaine, trop de choses pour mon âme bléssée.
Si l'expérience est incommunicable, peut-être que, passé un certain âge, en cas de chagrin, on ne devrait plus parler qu'à un enfant.
Et pourtant, M et sa fine analyse de la situation "dans laquelle nous nous trouvons et qui ne nous permet pas, la, la, la", et aussi S et sa douce tendresse, inattendue, caressante sous la glace.
Me voici à nouveau porteuse de cela: un secret, un message fait de lait, donc d'encre et de sang, et de larmes.
Je pense à cet écrivain qui dit si bien l'amour aux enfants, cet écrivain que j'aime et je me dis: le lire encore, et encore, avant et après sa transplantation, écrit-il différemment? qu'a-t-il pensé juste avant l'opération, que s'est-il juré pour la suite? Comment la douceur, encore, après? Ou alors la douceur justement parce qu'après?
C'est ça grandir. J'ai été trop bien éduquée pour bien vieillir et m'adapter sans heurts. Alors heurtée maintenant par cette erreur qui a consisté à prendre l'amabilité pour la gentillesse et la drôlerie pour une nécessaire forme de courage.
02:35 Publié dans coming of age | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : pertes et profits, la sagesse dérisoire.


