22.06.2009
Déblogue.
Il fut un temps où j'étais la moitié d'un quatuor de mains qui écrivait un blog. Le sous-titre en était "quatre mains, un homme, une femme, avec sans doute en plus une subtile (ou pas) référence aux zones intimes des deux participants comme par exemple "quatre mains, une femme un homme un pénis , un vagin".
Il s'agissait en fait d'extraits des dialogues écrits quotidiens d'un homme et d'une femme qui ne s'étaient jamais rencontrés, mais étaient néanmoins au fil des années devenus non pas des confidents ni des amis, mais des êtres de connivence. Un peu à la manière de Stendhal et de sa correspondante Russe, toutes proportions gardées, c'est àdire avec moins de beauté, plus d'humour potache et par le biais de la technologie.
La beauté de la chose, c'est que chacun des deux joueurs écrivaillons pouvait à sa guise poster sur le blog les conversations qu'il lui semblait bon de rendre publiques. Le blog était hébergé chez hautetfort parce que c'était mon idée ou alors parce c'était moi qui m'était collée à la manoeuvre et que c'est une plateforme que je connais depuis bien longtemps, mais bien entendu, j'avais donné les codes d'accès à mon accolyte d'alors, adepte quant à lui d'un autre publieur. Le blog s'appelait "Ortie et Ronce" puisque cybernétiquement, j'étais Ortie, il était Ronce. Ronce a bien plus alimenté ce blog que moi, et a sans doute considéré qu'il lui appartenait de droit. Quelques mois plus tards nous nous sommes rencontrés, rapprochés, puis plus. Ronce a fermé ce blog sans me consulter sans même m'avertir, je viens de m'en apercevoir aujourd'hui même. Ca ne m'étonne pas beaucoup finalement, enfin ça ne devrait pas m'étonner. J'imagine qu'au pays des rois sans royaume, c'est une pratique assez courante.
Je ne peux finalement que me réjouir du fait que les projets qu'il avait soient restés, des projets: Dieu sait où je serais aujourd'hui si nous avions partagé un chat, un appartement, plus de temps ensemble ou un enfant!
20:28 Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : irl, journal à quatre mains, propriété, blog, journal extime
Une leçon de politique: la cour des miracles
Une cinquantenaire que j'espère un peu folle m'a administré sans le moindre ménagement une expérience de dégoût aujourd'hui.
Nous sommes dimanche, 21 juin, il fait un froid de gueux pour cette période de l'année. Et puis, c'est LA prétendue fête de LA prétendue musique, qui n'a plus rien à voir avec les musiques et avec les fêtes mais constitue depuis quelques années déjà, une menace sociale sur fond de beuverie organisée. Pour tout dire en sortant aujourd'hui, je n'ai pas sorti mes écouteurs parce que je savais que les sons qu'ils distilleraient seraient interrompus par des bruits parasites, venus de scènes morbides.
Voici comment se présente la topologie: chez les pauvres on programme des sound systems, de la dub et des musiques africaines pour renforcer l'identité culturelle, chez les classes moyennes du rock pour renforcer l'identité générationnelle, chez les gays de l'electro pour asseoir l'identité sexuelle. Alors qu'en fait, aucun des habitants n'a plus envie d'assister à tout cela.
Les seules personnes que ce genre de manifestations déplacent aujourd'hui, ce sont les campagnards et les fous. La dernière fois que j'ai sincérement apprécié ce genre de débauche, c'était en spectatrice, c'était un peu comme prendre le métro: un lien qui fait qu'on sait que le monde est moche et qu'on a de la chance de ne pas le voir dans sa totalité la plupart du temps, c'est pour ça que je me déplace en métro. Pour voir ma chance.
Mais là, c'est allé un peu plus loin.
J'espère qu'elle était folle.
Mais je sais qu'elle ne l'était pas, aussi, pas reconnue comme telle en tous cas.
Je sors de chez moi: des jeunes gens mal fagotés mais aussi endimanchées marchent vite, vers un concert, peut-être, tout va bien, ce n'est pas spécialement agréable à regarder mais il y a de l'énergie. Un peu plus loin, le roumain fait la manche comme toujours. Coin de la rue, deux voitures garées devant un bar: un autre groupe d'ados un peu moins moches glousse devant moi, je comprends pourquoi à cause d'un bruit: une cinquantenaire, accroupie, est en train d'uriner puissamment entre une mercedes et une audi, oublieuse des passants, des rires, du 4x4 qui fait un créneau lui octroyant sans doute un point de vue, comment dire, extrême, sur la scène. Sur ces cuisses blanches et cette céllulite, sur ce jet entre les deux. Jamais avant cela je n'avais vu une cinquantenaire pisser. Et je ne le souhaite à personne, à part évidemment à ceux auxquels cela plait.
J'ai été si choquée que j'en ai parlé à la jeune caissière qui m'a vendu mes cacahuetes. "Vous plaisantez m'a-t-elle demandé?".
Non, je ne plaisantais pas et mon récit n'a pas pu rendre sa journée de travail plus agréable, elle venait de vendre des bières à un type libidineux qui lui a affirmé plus d'une fois que la bière c'était "uniquement pour la fête de la musique" en lui lançant des oeillades libidineuses.
"C'est de plus en plus pire*" m'a-t'elle lancé.
J'étais d'accord avec ce qu'elle disait, moins avec sa formulation, me demandant si je pouvais m'en amuser ou pas.
Je me suis scrupulesement lavé les mains en rentrant chez moi, avant même d'ouvrir le paquet de cacahuètes.
L'urine auditive de cette pauvre femme, sûrement, m'aura dégoûtée, un temps.
Pauvre parce qu'elle n'avait aucune diginté.
Il y avait un bar juste en face!
L'UMP a fait 31% aux élections européennes, cette femme, qui se comporte comme un animal ne verra jamais sa santé mentale mise en cause, donc. Parce que voter à droite ça veut surtout dire ça: encourager l'absence de soin pour les malades mentaux. depuis que Nicolas Sarkozy est au pouvoir je vois graduellement, chaque jour, l'état des lieux s'aggraver.
PS: la biologie est injuste, croyez bien qu'à chaque fois que je vois un homme pisser au coin d'une église ou ailleurs je ne me prive pas d'un "ça va mieux, maintenant?" mais au moins ils sont plus discrets, là franchement, je n'ai pas su quoi lui dire, et je comprends enfin ma mère quand elle parle de dignité féminine.
Je suis rentrée chez moi: je n'avais pas envie d'en voir plus de cette ville, j'ai même pour la première fois, rêvé à une île déserte.
00:23 Publié dans Vivre | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : musique, société française, politique, décadence, obscenité
21.06.2009
obligation morale du plaisir
Dans une morale du plaisir il faut écrire chaque jour, non pour créer ou se soulager mais bien pour décharger et en déchargeant, pour et par plaisir.
Il faut aussi contempler de jolis hommes, mais ceci est une autre histoire, peut-être.
15:27 Publié dans impératif hypothétique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note


