30.08.2007

Bavarde?

Non, non, vous aviez bien lu mademoiselle, j'ai écrit bravade, et non bavarde...

bravade, nom féminin

Sens  Acte ou parole de défi, provocation insolente. Synonyme défi Anglais (par bravade) out of bravado, mais aussi,

La bravade est une fête patronale caractérisé par un défilé de jeunes gens costumés et armés de tromblons

05.05.2007

Nouvel épisode sorti en salle, projection privée, c'était mercredi dernier

Il fallait que je sache, alors après deux bonnes semaines de silence, après un refus et une bouderie, le corps un peu remis en forme et l'orgueil ravalé, j'ai appelé. Vers minuit. Pour savoir si j'avais encore une place. 

"Y aura-t-il une prochaine séance, Maître? Suis je encore vôtre?"

"J'ai envie de te dire non à cause du peu d'enthousiasme que tu manifestes en ce moment."

"Evidemment, je peux difficilement être enthousiaste en sachant que je ne vous plais pas"

"Tu recommences"

"à?"

"être désagréable. Et puis tu dis des bêtises. Je n'ai jamais rechigné, moi, il me semble. Tu viens tout de suite, un peu de discipline te fera le plus grand bien."

" Mais je dois travailler! j'ai une présentation à terminer pour demain matin, on ne pourrait pas plutôt remettre ça à demain soir?"

"Non" 

"Cette nuit, ça n'est vraiment pas le meilleur moment, j'ai vraiment besoin de dormir"

"Moi aussi, et je travaille aussi demain figure toi, mais je préfère tout de même te voir te traîner à mes pieds"

"J'arrive."

"Dress code habituel, et puis prends ton gode"

"Quel est le scénario?"

"Tu recevras les instructions en route."

Je suis mise en tenue très vite, puis je suis partie. je marchais vite dans la rue, malgré les talons, très vite, j'avais hâte. les instructions sont arrivées sur mon téléphone au moment où j'abordai sa rue. 

 "dans la boite aux lettres, tu trouveras cinq éléments que tu enfileras, ensuite, tu monteras et tu te déshabilleras devant ma porte, puis tu frapperas, tu te mettras à quatre pattes et tu attendras"

Il avait assuré l'ouverture de la porte de l'immeuble à l'aide d'une cale. j'entrai. Dans la boîte aux lettres dévérouillée, je trouvaimedium_IMG_0537.3.JPG les accessoires. D'abord le collier à ajuster autour de mon cou puis la première paire de cuffs aux poignets, le métal cliquettait sur le cuir, les bruits résonnaient, j'eus délicieusement peur d'être surprise, je vacillais, mes jambes se mirent à trembler et je sentis presque en même temps le désir physique arriver, brutalement sexuel, et m'assaillir le ventre. Je passai enfin les cuffs aux chevilles. je courais presque en montant les escaliers.

03.05.2007

Dépucelage

Je savais, un peu, comme ça, en passant, qu'écrire les choses modifie la perception qu'on en a, on se relit, on constate son état, on sourit et on repart de plus belle, toujours vers l'approbation de soi même, sûre de son fait, de son indignation, un peu de recul pris, mais pas pour trop longtemps, du contentement à la petite semaine, et beaucoup, beaucoup de ritournelles, ça c'est un journal intime, ou un pamphlet quand le sujet est plus social. Vient ensuite le blog: on se censure évidemment, beaucoup, on se montre sous une certaine lumière voire sur une pellicule choisie, mais il y a des brèches, des moments fébriles, des petits côtés et des bouts de coeur qui pointent et là, par bonheur, les autres, et on me l'avait bien dit, vous rappellent à la réalité, celle qu'on n'avait pas vue, et que l'on devrait peut-être aller explorer. Pour moi c'était hier, ou plutôt la nuit dernière, que ce dépucelage d'échange verbal incognito en somme, m'a poussée à aller voir ailleurs si j'y étais. J' y étais. 

01.05.2007

Le gage(1)

Il y a environ deux mois de cela, Maître, qui trouvait à juste titre mon appartement trop en pagaille, et qui pouvait aussi constater qu'en matière de conversations virtuelles, je m'amusais beaucoup(ou perdais mon temps, c'est selon) avec des soumis, m'a lancé un défi:

 "Six, si tu n'as pas envie de ranger tout ça toi même, si tu es lasse de faire la vaisselle et de servir à table, c'est bien simple, tu vas apprendre à dominer. Tu as quinze jours pour nous trouver une soumise ou un couple soumis si tu souhaites t'amuser avec monsieur. Ils devront obligatoirement être prêts à nous servir tout un week-end.  Pas d'homme seul, il y a trop de malades, et les femmes sont plus méticuleuses pour les tâches ménagères, et si tu prends en charge un dressage à plein temps je ne serai pas forcément là pour éviter les dérapages."

"Mais enfin maître, je ne sais pas dominer!"

"tu vas apprendre, tu sais ce que tu aimes? ils aimeront la même chose mais en plus ferme, et puis je serai là pour t'aider. Tu le fais, un point c'est tout, et si tu n'y parviens pas, tu seras livrée pour une soirée à une Domina."

Voilà comment a commencé ma quète

27.04.2007

Journée hommage

C. A. a été aujourd'hui à la hauteur de mes espérances, courroucé de mon absence, boudeur....Je l'entendais vociférer au bout du fil ce matin, je pensais "Antoine, Doinel, Antoine Doinel, Antoine Doinel", décidément, un miroir et des charentaises pour son anniversaire prochain.... Plus tard vers 19 heures apéro en terrasse, juste en bas de chez moi, je vois ce joli couple, que je connais depuis un an, enfin lui avec qui j'ai parlé de voitures, plus précisément d'une M.G. un soir qu'une jolie racing green était garée là: je les ai vus se rencontrer, voici un an, ils étaient mignons, apprétés, nerveux, émus, sans doute. Il y a un an elle souriait beaucoup et portait un très jolie rouge à lèvres, elle le buvait des yeux, il parlait un peu fort, bombait le torse, la couvait du regard: je les enviais sans doute un peu puisque j'avais pris le temps de les observer....même bistrot un an plus tard, elle lit voici devant son martini, lui lit et boit autre chose, je fais remarquer à mon ami qu'ils n'ont pas échangé un mot, je suis un peu triste pour eux,parce qu'hier, c'était pareil.medium_la_peau_douce.jpg

Plus tard, au restaurant, devant mon plateau de fruits de mer, je sens le regard insistant de la femme assise à la table voisine, mais lorsque je lève les yeux vers elle, l'huitre  à peine gobée, aspirée par mon bec, elle me fuit, elle a terminé de dîner depuis un moment, cela en devient si désagréable qu'un "vous en voulez un peu?" m'arrive au bord des lêvres, son compagnon tripote un stylo et un papier, ses enfants la font visiblement suer, elle voudrait sans doute être ailleurs, et ,très honnêtement, cette perspective me réjouirais, son mal être me gêne, c'est vilain, mais c'est comme ça, je pense à la dame à la blouse léopard de la peau douce dont parle à un moment Françoise Dorléac à Jean Desailly pour stigmatiser, en maitresse qu'elle est, les couples mariés , elle dit je crois à peu près ceci, "on voit qu'ils sont mariés à ce qu'ils mangent en silence, ils ne se parlent plus au restaurant, ils y viennent pour manger". Je pense que cette femme là pourrait assez rapidement devenir une Frankamedium_franka.jpg, l'épouse de Desailly dans le même film, elle a la lassitude nécessaire pour devenir ce type de meurtrière. je ne sais pas ce qui est arrivé au couple, à l'amour qu'on croit éternel mais vraiment, ça ne fait pas envie. Mon ami me disait de ce jeune couple que j'ai vu s'énamourer il y a un an "mais enfin, que font-ils ensemble?" Il y a vraiment des choses à réinventer. Décidément, il n'y a pas qu'au royaume du Danemark qu'il y a quelque chose de pourri.

21 grammes..... la preuve par 6

.....et encore c'est en progression

Voilà sans doute le poids de mon âme.

j'ai beau le fustiger parfois, rien n'y fait lorsqu'il a des problèmes et qu'il me le dit tout simplement, j'ai mal à l'âme de me sentir impuissante, je suis tout de suite en colère contre qui ou ce qui le tourmente, je serais même féroce, je ne supporte pas ça, savoir qu'il souffre. Il est fatigué, je le sens, il me le dit, il est las et je ne sais pas quoi faire et je n'ai jamais pourtant ressenti autant de "souffrir avec", il m'émeut, instantanément. 21 grammes c'était, il me semble, le poids supposé d'une âme qui s'envole quand quelqu'un meurt dans un film , et bien quand je sens qu'il n'est pas bien je trouve ça tout simplement injuste et je sens physiquement un pincement au coeur, si je crois à certains moments ne pas être soumise parce que je ne fais pas tout bien comme il faut selon le dogme, ces moments là, où je suis littérallement prise de panique parce qu'il n'est pas heureux, me rappellent bien cela: j'ai tout simplement envie que la vie lui soit agréable, j'ai passé une soirée avec Mc très agréable et pourtant je m'inquiétais de lui. Bien sûr, ce n'est  en consignant ici mes niaiseries que je vais y changer quelque chose.

26.04.2007

Désir caché, dévoilé

Après mes aventures érotico(ou pas) amoureuses avec Prince Charming, notre rupture, puis mon coup de foudre pour E, je fis la connaissance, chez un couple d' amis, de C.A.  Très bel homme, grand, austère, élégant et ironique jusqu'au cynisme, doté d'un regard perçant qui sut par la suite se transformer en oeil de biche, C.A. me fit immédiatement forte impression. Pour tout dire, je l'avais déjà croisé lors de soirées moins intimes mais n'avais jamais osé supposer qu'il puisse un jour poser les yeux sur moi et je ne lui avais jamais été présentée auparavant. Il jouissait d'une réputation d'excellence dans son domaine de recherche, d'érudition en matière de musique, et, mais cela je ne l'appris que bien plus tard, de souffre dans le domaine politique.

Je me souviens parfaitement de ce dîner, de ma décontraction initiale mise à mal lorsque je surpris son regard qui promenait sur mes cuisses, de la manière dont ensuite, sans l'ombre d'un sourire, il planta ses yeux dans les miens pour m'asséner une réplique d'Audiard ("je ne séduis pas, j'envoûte"), de la nuit blanche que nous passâmes quinze jours plus tard lors d'un week end festif chez des gens que nous connaissions peu, de la promenade à travers les chambres que nous fîmes en nous frôlant et en commentant avec beaucoup de méchanceté complice la décoration des lieux et le mauvais goût nouveau riche de nos hôtes. je buvais alors avec déléctation sa critique du biscuit de Sèvres de Madame, légèrement honteuse, en même tant qu'émoustillée, de médire des choix de qui nous offrait l'hospitalité. A cinq heures du matin nous laissâmes les autres convives pour aller petit déjeuner seuls en ville, trois mois plus tard, j'étais dans son lit. J'y suis restée deux ans, à la fréquence d'une à deux fois par semaine.

Nous partagions nos lectures, des concerts, nos repas, nos week-ends, nos amis, et des orgasmes qui ont toujours été simultanés, ce qui me semble encore aujourd'hui extrêmet étrange. C.A. refusait que nous faisions l'amour plus fréquemment, arguant d'une crainte, selon moi idiote: il pétendait que désir pourrait chez moi s'émousser. Nos appartements étaient séparés de 500 mètres à peine, mais il refusait de me voir plus fréquemment. Nous passions donc de nombreuses soirées à nous disputer au téléphone, ensuite il m'offrait une bague, une robe, un sac, ou des livres  pour se faire pardonner, je trouvais cela bête, inefficace, mais touchant, légérement insultant aussi, parce que cela montrait qu'il me croyait vénale. J'étais malheureuse, je restais pourtant: Désir me menait par le bout du nez. C.A. voulait impérativement se coucher tôt le soir, mais tous mes week-ends devaient lui être consacrés. Son esprit critique, qui m'avait d'abord charmée par sa précision chirurgicale et son brio commençait à me peser : tout était critiquable, rien n'était jamais joyeux, l'adjectif "psychorigide" en vogue à cette époque me venait de plus en plus fréquemment à l'esprit, sur un ton dépouvu de tendresse tout autant que de désir érotique.

Un soir que nous devions rejoindre un couple d'amis, celui là même qui nous avait présenté l'un à l'autre, pour un concert, je notais ceci: ils s'étaient quittés le matin même, vivaient ensemble depuis cinq ans, et s'enlassaient langoureusement, se caressaient le visage et s'embrassaient avec quelque retenue, en se retrouvant devant la salle. C.A et moi ne nous étions pas vus depuis plusieurs jours et n'eûmes qu'une accolade un peu crispée, sans tendresse aucune, je crois qu'à partir de se moment là, j'ai même céssé d'en avoir besoin avec lui, de tendresse.Il essayait, il se forcait et je me disais que la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a. Je mesure maintenant à quel point il lui manquait cette qualité que je perçois chaque jour chez maître: le sérieux face aux problèmes, la capacité à partager ses soucis et ses angoisses associés à une légéreté, une douceur, bonne humeur, le goût pour le plaisir de l'instant présent, une forme très spéciale de virilité assumée qui me fait me sentir , tout simplement, bien. C.A. était, et est donc toujours, une sorte de Peter Pan déprimé, un enfant vieux à qui j'ai eu plusieurs fois envie d'offrir des charentaises et un miroir pour son anniversaire. Il me reprochait de l'arracher à son travail, de lui voler son sommeil, s'il maigrissait c'était ma faute, je lui donnais la migraine, je lui faisais peur et en le voyant deux fois par semaine, je l'envahissais. Mais nous jouissions beaucoup, et nous étions, ce qui est pire, très amoureux. A l'orée du mois de Juillet, C.A. décida de partir à Florence pour une quinzaine de jours, je m'étais étiolée, mes amis s'inquiétaient un peu. L'un d'eux finit par me parler de l'hypocondrie de son oncle qui avait causé, par sa noirceur, la vraie dépression et le vrai cancer de sa tante, puis par me dire que quitte à ne partager qu'un lit le week-end, je ferais mieux de le choisir différent à chaque fois; une autre, mieux disposée envers C.A. et envers notre relation, puisqu'elle nous avait présentés l'un à l'autre, me fit remarquer que quand on entretient une relation amoureuse fidèle et exclusive avec quelqu'un, il est possible de partager quelques projets et quelques voyages, elle me conseilla donc d'oublier quelques temps ma fierté et de tout mettre en oeuvre pour accompagner C.A. à Florence. Ce que je fis. Je proposai à C.A.de le rejoindre quelques jours après son arrivée, cela me coûtait beaucoup, j'avais la déagréable impression de m'imposer. Il s'opposa à ma venue pour une vague raison de réservation d'hôtel. J'insistais en proposant de prendre une chambre à part dans le même hôtel pour ne pas troubler son sommeil, il m'opposa que j'entraverais le rythme de ses activités, pourtant purement touristiques, pendant la journée. Désir me quitta, je quittai C.A. l'argument de la rareté des entrevue, garante du désir, venait de se retourner, en deux ans, à trop vouloir, peut-être, le préserver, C.A. n'avait réussi qu'à le tuer, ce désir. Lorsqu'il revint de Florence, j'acceptais, avec un pincement au coeur, les cadeaux qu'il me fit: il n'avait pas compris que nous étions désormais séparés.

Nous sommes pourtant restés en bons termes car nous avons des goûts communs et des affinités.Et puis il y a prescription, plusieures années se sont écoulées. C. A. se rappelle à moi quand son emploi du temps, toujours plus chargé que celui des autres, de tous les autres, le lui permet. Pour certains concerts, ou quand il fait beau, tout particulièrement, C.A. a envie de me voir, pour profiter du soleil, en terrasse, balcon, où à la plage, il ne cache pas préferer que je sois peu vêtue, il affirme même attendre qu'une bretelle se détache; C.A est donc mon ex repenti, celui dont toute fille a le numéro dans son carnet d'adresse, non pas qu'elle l'ait nécessairement gardé, mais parce qu'il l'appelle encore régulièrement, on appelle parfois cela une rupture réussie, détachés des enjeux proprietaires et amoureux, l'un et l'autre font moins de place à leurs "petits côtés" et deux anciens amants peuvent devenir deux amis intimes assez convenables.

Hier C.A m'a donc appelée pour profiter du soleil et de la plage, nous avons donc parlé un peu de politique et comme je lui faisais remarquer que Ségolène Royal jouit d'un physique très agréable, il me répondit qu'il ne faisait pas confiance à ses lèvres minces. Voyant qu'il faisait lentement glisser la politique sur la pente de la morphopsychologie,pour rendre plus complète et plus visible son aversion non seulement pour le socialisme, mais aussi pour toute la sociale démocratie,  je décidai d'entrer dans son jeu et lui demandai si le physique d'honnête flamande de Marine le pen lui inspirait plus de confiance ou d'envie. Je fus extrêment surprise de l'entendre me répondre "non, rien, elle ne m'inspire riien, sauf si c'est pour m'attacher au radiateur" tentant de ne rien laisser paraitre de mon étonnement,et prenant le ton le plus désinvolte, je lui demandai donc s'il s'était récemment découvert un goût pour la soumission sexuelle, ilme répondit ceci "ce n'est pas nouveau, et puis je suis resté assez longtemps avec toi, cela constitue bel et bien une preuve"......    

25.04.2007

Que vaut la fierté? (1)

Je poursuis le défi que m'a lancé Electronic lover en passant directement au troisième sujet, le second concernant le "coût" de l'âme étant soit trop obscur pour moi, soit trop symbolique pour le moment.

Que vaut donc ma fierté en tant que soumise? Quelle place a-t-elle dans nos jeux? L'humiliation la met-elle à mal? Y a -t-il des "limites" raisonnables a ne pas dépasser pour que la relation que nous entretenons mon maître et moi ressorte toujours du plaisir? Y a -t-il en revanche une arrogance, ou une forme de vanité à dépasser pour atteindre des plaisirs nouveaux? (ce qui revient peut-être à se demander si le plaisir est donné par la soumission initiale ou construit à travers une soumission sans cesse plus intense).

L'orgueil a ceci de fascinant de manière générale mais encore plus dans une relation de dominant à soumise qu'il est sans cesse déplacé et recadré alors même qu'il se croit étayé par des principes et des interdits majeurs et inébranlables. Je me souviens avoir presque ri quand mon maître m'a, en guise d'introduction à son mode de vie, fait le récit de quelques unes de ses délicieuses séances lorsque je l'ai rencontré. Comment une femme pouvait-elle se plier à de tels caprices érotiques masculins? Pourquoi donc accepter de telles frustrations? Comment ne pas rire et déguerpir lorsque quelqu'un ne vous propose que de subir? Contre quoi pouvait-on bien troquer une fierté dont je pensais qu'elle faisait le sel même de la séduction féminine? Je confondais alors fierté, vanité et dignité. Je sais maintenant que je troque aussi tout cela, par confiance, parfois avec colère, mais toujours pour du désir et du plaisir, et aussi donc pour faire évoluer nos plaisirs érotiques, mais aussi mon plaisir à être et à vivre, plus généralement.

Si ses récits déclenchaient chez moi un rire mi-choqué, mi moqueur, c'est surtout parce que je ne voyais pas qu'il s'agissait de relations tout à fait libres, desquelles les enjeux romantico-domestiques sont exclus, ce qui implique que le corrolaire de la fierté, à savoir le respect des limites de chacun est toujours présent, car son absence entraine l'arrêt immédiat du jeu.

Je me souviens du questionnaire traditionnel que j'ai rempli pour mon maître, formalité de début d'éducation très utile pour s'assurer que le maître et la soumise sont bien situés dans des univers fantasmatiques compatibles voire complémentaires: je n'en ai pas gardé de copie mais à la rubrique "humiliation verbale" j'avais sans nul doute répondu 00, un "non" formel qui impliquait que je n'avais aucun goût pour la chose et refusais de m'y soumettre en quelque situation que ce soit. Pour cette pratique comme pour nombre d'autres, il serait très intéressant pour moi de remplir à nouveau ce questionnaire et de voir sur quels points précis, sur quelles pratiques, j'ai changé.

La fierté est au coeur de cette relation et de multiples manières, ce qui peut sembler amoindrir ma dignité au premier abord ne fait jamais que me rendre plus fière de la victoire remportée sur moi-même avec la complicité de mon maître, victoire sur la douleur avec les outils, sur les tabous avec les photos et les ordres suivis qui mènent toujours au plaisir physique ou cérébral. Bien sûr, cela demande du courage ou de l'inconscience, ce ne sont pas des plaisirs pour lesquels il suffit de suivre sa pente ou ses penchants naturels individuellement s'entend. J'ai par exemple, tendance à être très digne, voire hautaine, ce qui selon mon maître, n'est absolument pas un frein à ma soumission exclusive envers lui: l'un des ordres érotiques donné par mon maître est d'ailleurs un défi lancé à ma fierté et utilise celle-ci avec brio: je puis par exemple m'exercer à "apprivoiser" mon indépendance et ma fierté en prenant en charge l'éducation d'un sujet soumis avec les conseils et sous la férule de mon maître, je lui suis en cela soumise tout en exercant sur B. et J. une domination dont j'apprends qu'elle vaut d'abord par le respect.   

17.04.2007

Combien pèse Le désir? (2)

Voici ce que jusqu'ici cette question a retiré au désir:

Entre le maître et la soumise , il doit y avoir une confiance totale.

Bien sûr une soumise être dominée, menée, dirigée et elle souhaite plaire à son maître. j'avais d'ailleurs il y a quelques temps proposé à maître de ne le voir que quand j'aurais atteint la forme physique qui lui conviendrait, ce qu'il avait décliné au motif que cet engagement me serait trop difficile à tenir. il s'agissait donc bien d'admettre que mon désir sexuel et de de domination était ancré dans cette relation et de limiter l'impact de ma propre image de moi-même sur mon désir.

Par ailleurs pour offrir sa confiance dans le cadre d'une séance, une soumise doit tout de même bénéficier d'un confort psychologique de départ assez important pour pouvoir intégrer la peur de l'inconnu, l'abandon physique réel que les séances supposent: être certaine que la sécurité est assurée par le maître et remettre à son jugement ce que les blessures physiques ou psychologiques pourraient avoir pour conséquence. C'est essentiel pour que quoi que ce soit puisse avoir lieu, pour pouvoir progresser et échanger des plaisirs toujours nouveaux, pour progresser ensemble.

L'ancre du désir me semble avoir été levée en même temps que la confiance a été bafouée.

11.04.2007

tu pèses combien?

Assez pour être invitée à New York en mai, j'aurais pu répondre cela, puisque c'est vrai. 

pas trop  pour lever le stagiaire, qui finalement est franchement pas mal.

Trop pour rentrer dans mon jean d'été, celui de l'été dernier.

Trop pour me l'entendre demander avec insistance.

Trop pour avoir eu le courage d'acheter des piles pour ma balance une semaine d'âge (oui je sais qu'elles sont livrées avec)

Trop pour en être questionnée par curiosité, comme ce soir, surtout par lui.

Ce que six mois de cortisone m'ont fait prendre l'an dernier, à cause d'une sale infection, (sur ce ventre que j'aimais)

ce que son absence, à lui , le grand homme, a laissé (une bonne dizaine de kilos?)

Ce que le parmesan en copeaux, les bordeaux classés et  les pâtes qui les accompagnent laissent en souvenir

Ma tristesse.

Ce que toute mon anxiété (clopes comprises) m'évite.

Ce que trois séances de sport coachées hebdomadaires et un jogging domincal m'évitent

moins ce que j'ai pleuré ce soir à cause de la question

moins ce que je vais juste laisser comme leste.

mais il aurait pu éviter la question.

 

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