08.08.2009

Eloge de la modération

Le titre de cette note m'est apparu comme une évidence un peu perverse aujourd'hui.

Perverse, oui, honnête cependant.

Le sevrage de substances nocives est une très belle expérience.

J'ai toujours presque milité pour une politique de l'excès, du débordement, de l'aventure et de la différence. Je crois toujours à cela, d'ailleurs, mais à un autre niveau, aussi, tous les addicts sont des gens qui se sont faits avoir.

Je ne vais certainement pas retracer ici une longue histoire de la libération des femmes du point de vue de leur consommation de tabac. Il y a sans doute plein de gens très consciencieux qui l'ont fait et puis on ne peut pas être cobaye et laborantin à la fois.

Le tabac a ceci de spécial parmi les drogues, qu'il ne vous met dans un état de conscience modifiée que lorsque vous cessez de le consommer.

Je ne vais pas vous infliger de longs monologues sur les parfums retrouvés (et le sien avant tout, quand on fumait quarante clopes par jour au minimum, je découvre que j'ai un parfum très fort, de sexe, en fait ) , celui des autres (je suis plus sélective mais ma libido est au top, ça compense) ni même sur la frustration voulue librement ou sur le défi personnel relevé, ni d'ailleurs sur la fuite que constituait la cigarette quand je souhaitais m'isoler dans une soirée.  

Mais je suis tellement heureuse de l'avoir relevé ce défi!

Quelle transformation!

Je suis comme une gosse et j'écris sur un clavier sans cendres.