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30.10.2007
Comment le sexe servira l'amitié
Samedi soir Marie Agnès devait se rendre au théatre et m'avait proposé de l'accompagner, voir une pièce qui la passionne, dont j'apprécie l'auteur et le metteur en scène, mais pas le sujet. Elle semblait tenir à voir ce spectacle et c'en était la dernière représentation. J'avais décliné l'offre , la pièce étant trop sérieuse à mon goût pour ce soir là, et cru utile de préciser que je dînerai avec quelques amis, dont le fabuleux Mc.
"je vous rejoindrai donc après la pièce et nous pourrons dîner ensemble!"
"Nous n'allons pas dîner à 11 heures du soir, je pense, Marie Agnès, mais rejoins nous avant la représentation pour boire un verre et papoter un moment, si tu en as le temps"
Marie Agnès accepta et nous rejoignit comme convenu. Cependant Mc et moi voyant l'heure tourner n'osâmes pas lui signaler qu'elle allait se mettre en retard et se priver de spectacle, elle aurait pris une remarque de ce genre en mauvaise part, et peut-être à juste titre.
Nous fûmes donc très surpris quand, à la fin du dîner, qui fut rapide, Marie Agnès s'exclama:
"et bien il est tôt, j'aurais presque pu me faufiler à l'entr'acte!"
Coupables, nous étions coupable de ne pas avoir distrayants toute la soirée. Nous étions pas avance coupables de ne pas lui proposer de poursuivre la soirée. Il y avait bien une soirée, nous dit-elle à laquelle elle avait été conviée, mais ces hôtes l'ennuyaient, elle n'irait pas.
Marie Agnès faisait la gueule, encore bien plus qu'au cours du dîner.
Nous nous quittâmes donc sur cette mauvaise note, le lendemain, Mc m'appelait:
"Y a urgence, cocotte, si on ne fait pas quelque chose rapidement tu vas finir par lui envoyer un skud, puis le regretter"
"tu crois?"
"Tu ne peux même pas prétendre le contraire, avoue elle t'a prodigieusement agacée je te connais ma belle, ça pourrait faire du vilain, et ensuite quand tu auras été bien méchante, tu t'en voudras à mort, parce qu'au fond, tu l'aimes bien..... mais j'ai trouvé une solution"
"Dis vite!"
"Pour le moment ce dont elle a besoin, ta Marie Agnès, c'est d'un bon coup de bite, après seulement elle pourra faire une chouette copine pour toi"
"T'as viré ta cutie?"
"Nan"
"Tu ferais ça pour moi alors mon Mc? tu te sacriefierais pour rendre possible une amitié féminine?"
"eh! arrête ton cirque, faut pas pousser non plus, mais j'ai ce qu'il faut en magasin...."
"Qui donc, sont pas tous très très mariés, voire très très amoureux les gens que tu connais?"
"Q***, il a presque viré sa pétasse, en plus Marie Agnès est tout à fait son genre: chieuse, lunatique, intelligente et bien carossée, c'est exactement ce qu'il lui faut en ce moment. Tout benef' pour tout le monde, apéro chez moi ce soir. Ramène la bougresse. Gourgandin et Gourgandine reprennent du service, on va entremettre comme jamais et pour les meilleures raisons du monde"
Ce qui fut fait. Depuis lors aucun moyen de joindre Q par téléphone.....j'espère bien que nous avons entremis......
15:40 Publié dans résolutions | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : sexualité, amitié, couple, femmes, hommes, expérience in vivo
28.10.2007
6/7 L'envie : tu la préfères
"Tu comprends, ce n'est pas que je l'aime, c'est juste que je la prèfére"
"Après tout, c'est ton droit, je suppose"
"Oui, c'est vrai que j'ai pu te donner une impression contraire ces derniers temps, mais ça m'est apparu tout à l'heure, je la préfère vraiment. J'ai sincèrement cru un moment que tu me plaisais plus qu'elle mais je me suis trompé"
"Et c'est pour me dire ça que tu m'appelles?"
"Je ne voulais pas que tu l'apprennes par quelqu'un d'autre, tu t'emballes tellement vite, j'ai bien vu que tu commencais à t'imaginer des choses"
"Je te remercie d'avoir la cruauté de souligner la stupidité de mon enthousiasme, je te regretterai moins"
"je compte lui demander d'emmenager avec moi, je trouve plus correct de ma part de te le dire"
"Vous allez vivre ensemble? si vite?"
"Si elle veut bien, oui, enfin je l'espère, je ne suis pas sûr qu'elle accepte tu sais."
"Mais tu disais toujours qu'il vaut mieux prendre son temps!"
"Avec une fille comme toi, oui, mais avec elle c'est différent, on a la même manière d'envisager la vie de couple, la vie, aussi"
"Elle te flatte et tu le sais"
"Oui et alors? Ca n'est pas désagréable d'être apprécié voire admiré de temps à autres tu sais. Et puis elle fait de gros efforts pour bien me flatter, j'admire son parcours de manipulatrice chaque jour que Dieu fait, elle fait admirablement fructifier ses talents"
"Vous êtes aussi dévoyés et pervers l'un que l'autre"
"Et toi tu nous envies, l'un et l'autre, c'est mal aussi d'envier, tu sais"
"je vous envie sans doute mais je n'envie pas ce que vous faîtes, tu la préfères c'est vrai, parce que vous êtes bien l'un et l'autre incapables d'aimer"
13:55 Publié dans Six ou sept péchés | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : six ou sept péchés capitaux, l'envie, femmes, hommes
26.10.2007
Marie Agnès, je t'aime bien....
Marie Agnès suit une sorte de programme fondé sur une connaissance d'elle-même qui m'épatait, au début. Suite à une période dépressive durant laquelle elle a beaucoup pleuré, seule avec elle-même, elle a décidé de ne plus céder aux relations de couples faciles et ennuyeuses, mais de ne plus pour autant se confiner dans une solitude qui lui pèse:
"tu comprends" me dit-elle "je vis dans le regard des autres, j'en ai besoin, tout le temps, sinon je m'étiole."
Nous lui trouvons P et moi une lucidité extrême. Nous répondons à ses invitations, rencontrons ses amis, nous écoutons ses expériences de voyage, nous la trouvons agréable.
"Mais" me dit P, "il y a tout de même un truc qui explique notre retenue..."
P aurait-il percé le mystère de la belle? deviné son secret?
"Quoi donc ?"
"Elle a le regard mort, et puis ce qu'on appelle "le rire du pendu" en analyse transactionelle, c'est cela qui te dérange, Six, chez Marie Agnès"
"C'est vrai qu'elle ne sourit pas avec les yeux, maintenant que tu en parles,et que si j'y pense c'est un point que partagent nombre de nos amis, mais "le rire du pendu", là tu m'as perdue!"
"Lorsqu'elle rit , c'est principalement de ses tristesses, de ses blessures, c'est un rire paradoxal mais qui en même temps entérine ces malheurs, son bourreau intérieur bosse bien, c'est sûr, là où elle rit, elle devrait pleurer."
Marie Agnès m'a expliqué hier qu'elle en avait assez de voir des filles se débrouiller pour ne pas travailler et se faire entretenir par des types richissimes et m'a donné quelques exemples parmi des couples qu'elle connait: "elle a épousé J trois mois après l'avoir rencontré, elle finissait ses études, elle est tombée enceinte, elle a jamais travaillé il la traite comme une reine"
"Ils doivent être fous amoureux"
"Non, préssés par l'âge, elle s'est trouvé un pigeon"
"Alors c'est triste, et pas très sensible, dans 10 ans elle va le regretter, et puis je doute que ce soit très épanouissant la prostitution à plein temps, avec un seul et même homme"
"Oui mais, moi, je suis trop sensible, alors désormais je n'adresse plus la parole à un homme qui gagne moins de 10 000 euros par mois, au fait tu fais quoi demain soir?"
"Sport, comme d'hab, tu veux venir?"
"non, le sport un vendredi soir, c'est rasoir, on sortirait pas plutôt?"
C'est bien vrai que le bonheur me rend égoïste.
16:55 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : femmes, journal intime, amitié
24.10.2007
Déesse
Voici le témognage de Philippe, un homme patient que j'ai trouvé émouvant, bonne lecture!
http://www.psychologies.com/cfml/temoignage/c_temoignage....
16:15 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : D/s, domination, soumission, couple, gynarchie, femmes, bdsm
21.10.2007
5/7 ? la Luxure?
C'est bien joli d'expérimenter de nouvelles et perverses déviances, encore faut -il avoir à disposition un terme pour les nommer, et là je sèche.
Aerophile? déjà pris, par les amateurs de montgolfières, impossible à chaparder, donc, car ils sont, il me semble plus nombreux que moi. C'est dommage, tout de même, je l'aimais bien celui-ci.
Breatheeste? Moche.
Respiriste? Déjà plus convaincant.
Aeriste? incompréhensible, et difficile à prononcer en plus, mais comporte l'avantage d'être suffisamment mystérieux pour désigner un vice secret.
Souffliste? hideux, souffreteux, et puis fait penser à une parodie religieuse.
Le mot me manque.
17:05 Publié dans au commencement était.... | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, ce qui a lieu d'être ne va pas sans dire, des mots, étonnement
18.10.2007
4/7 La gourmandise.
Il faut, pour pêcher par gourmandise, oublier que l'on a un ventre, à capacité variable, certes, mais tout de même limitée, c'est ce que mon week end m'a appris. Il faut laisser le plaisir des mets nous envahir suffisamment pour effacer la peur d'un inconfort ultérieur.
Il était arrivé un peu en retard et j'avais faim, très faim, car je n'avais pas déjeuné. Cependant je ne ressentais pas cette faim comme d'ordinaire lorsque le ventre grogne et tiraille, je ressentais plutôt une lègére faiblesse, une sorte de fatigue adossée à ma curiosité, penchée sur mon envie. "Lightheaded", un état qui n'est pas désagréable mais dont on sait qu'il faudra bientôt pour éviter la migraine, le faire cesser.
"Tu veux boire quelque chose?"
"Non, merci, si on allait plutôt dîner?"
Lorsque l'on dîne pour la première fois avec quelqu'un, il y a certains plats, voire certaines tables, qu'il vaut mieux éviter; surtout lorsque l'on est coquette et timide, que le quelqu'un avec lequel on s'apprete à manger est un bel homme et que l'on veut sembler civilisée. On proscrit par exemple le vindaloo trop pimenté qui fait pleurer les yeux et couler le mascara, on s'interdit la jambette de porc servie sur une planche ou le gargantuesque tartare frites (ou les moules frites, d'ailleurs) dont on sait bien qu'ils feront fatalement passer la conversation au second plan, pour des raisons évidentes, on bannit aussi les spaghettis. On remet également à tantôt l'exercice périlleux du plateau de fruits de mer: le tourteau et les langoustines rendent la fuite précipitée impossible, on ne saurait se condamner par avance à passer trois heures avec un type rasoir, les huitres et les amandes laissent forcément de leur eau sur votre menton, on ne saurait raisonnablement se condamner de suite à ne plus jamais le revoir.
Mes origines asiatiques étant ce qu'elles sont, c'est à dire inexistantes, et mon maniement des baguettes assez aléatoire (je fais illusion, mais pas tout le temps), je m'étonne moi même d'avoir choisi un restaurant japonais pour cette entrevue. J'aime tous les mets japonais, crus, cuits, solides et liquides et c'est donc sur l'autel de ma gourmandise que je m'apprétais à sacrifier coquetterie, timidité. Par gourmandise j'allais reveler ma vraie nature et baffrer comme un crapouillot, prenant le risque de dégouter à tout jamais mon vis à vis de ma petite et gourmande personne.
Nous fûmes accueillis dans ce restaurant bondé par une chaleur suffocante et une hôtesse affable. Un geste un peu brusque de mon musclé compagnon avait fait claquer la lourde porte de l'établissement lors de notre entrée, tous les regards des mangeurs attablés, accusateurs déjà, s'étaient levés vers nous, nous étions par avance désignés du doigt, mis au ban, par avance coupables bruyants et pilleurs de sushis.
C'est devant un saké chaud trop chaud, et donc renversé à demi sur la table que nous finimes par définir le cours des agapes: un menu pour deux, long comme une manche de kimono bleu. Jaugant la taille de a table, R****s'inquieta un instant: "mais où vont-ils bien pouvoir nous servir tout cela?" Inquiète à mon tour de cette soudaine faiblesse d'appétit, je tentais de le rassurer par un lénifiant "on nous installera sans doute une seconde table"accompagné d'un battement de cils, dernière concession à une féminité vacillante, prête à ployer sous le démon de l'appétit. Il faisait chaud comme dans un bon bain.
Après quelques amuse-bouches négociés sans trop de dommages, exceptées des nouilles de riz, impossibles à amener sereinement à la bouche avec des baguettes lorsqu'elles sont servies dans une coupelle à fond plat, et que je lapai donc sans façon sous l'oeil médusé de R***, on placa entre nous ne farandole de sushis et de sashimis. Je ne saurais dire si nous les avons dégustés ou engloutis, mais je suis bien certaine de les avoir tous dévorés des yeux. A mesure que nous progressions, les tables autour de nous se vidaient, rendant l'air plus léger alors que nos ventres se remplissaient, doucement la chaleur ambiante s'infiltrait dans nos corps, les plats successifs en étaient le vecteur, nous entrions en symbiose avec l'espace qui nous entourait. S je ne sentis pas mon estomac se charger, je sentis en revanche ma relative bonne fortune à l'usage des baguettes me faire défaut: un sushi les quitta, alors qu'il avait presque achevé sa course jusqu'à ma bouche, pour venir s'écraser dans une pleine coupe de sauce de soja. R*** avisa sévèrement la table de bois laquée maculée de toutes parts, mon hilarité, sans doute ornée de filaments de chair cru de poisson près des gencives, mes tentatives infructueuses pour éponger ces dégats et me lâcha un bienveillant:
"Pourquoi ne pas demander une fourchette?, ils ont l'habitude, tu sais, des gens comme toi!"
la sauce de soja a ceci de terrible qu'elle ternit le bois laqué, rendant la culpabilité de la maladroite visible pour longtemps. les serviettes blanches ont ceci d'affreux qu'elles ressemblent, une fois réquisitionnées pour essuyer de la sauce de soja, à des morceaux de vieux pansements ensanglantés posés là, sur la table, désormais ternie, au beau milieu du repas. R**** bouda les derniers sushis, sans doute écoeuré par toute cette saleté, je les broutai donc sans remords à la baguette, et puis aux doigts.
Vint ensuite le temps des plats chauds, des viandes à foison, une diversité à profusion, des brochettes et des cailles devant lesquelles R*** hésita, et que j'attaquai à mains nues. je m'entendis prononcer un "mais il n'y a pas de riz?" parfaitement absurde, je n'avais plus faim, je mangeais avec un plaisir infini. Le sourcil de R*** se leva face à cette gloutonnerie croissante, j'eus l'impression d'être un personnage d'un film culinaire tourné par Warhol façon Factory, où l'on mangerait sans plus jamais s'arrêter. La musique nipponne d'ordinaire apaisante devenait d'ailleurs agaçante, sans doute avions nous entendu le même morceau cinq ou six fois. Je goutais aux milles manières de conquérir une brochette: en grignoter les pourtours, l'engloutir façon gorge profonde, en séparer les morceaux un à un avec une baguette pour levier. Je n'avais pas honte, je savourais.
Comblée, à la fin de repas que je terminai en apothéose en commandant un thé, j'eus le temps de pignocher des framboises et des noisettes dans le dessert de R****.
Nous sortimes, mais je n'en restai pas là Je l'ai dit j'aime les plats japonais, liquides, solides mais aussi éthérés et j'eus ensuite, par bonheur, tout le loisir de me nourrir encore du souffle et de l'air qu'R*** respirait.
15:35 Publié dans Six ou sept péchés | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : gourmandise, sept péchés, respiration, journal intime





