04.05.2008
Off
je prends le soleil,
Je lis un roman grec.
Je note que ......* n'a pas pas publié depuis plusieurs jours.
Je viens de répondre aux quelques personnes qui ont l'amabilité de commenter ma dernière note "sexually related"
Je me dis que j'ai bien raison de n'avoir jamais mis de photos de mon visage sur mon blog.
Je n'aurais jamais imaginé qu'une complicité aussi complète puisse m'apparaitre (m'être offerte, voire plus, exister)
Je ne veux pas en rajouter sur le "je suis heureuse".
21:06 Publié dans Vivre | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : blogs, printemps, écrans, amour
17.04.2008
Aimer un cinéphile
"t'aurais pas un film de schtroumphs?"
"Un quoi?"
"Ben, un film porno, un film de boules, quoi!" répondis-je en résistant à l'envie de joindre le geste à la parole.
Cette cossarde poisssonière démodée qui s'exprime, c'est moi, je l'avoue, et le dialogue ne date, hélas, que de quelques mois. Le soir même je m'endormais devant Destricted , intéressée par Matthew Barney, vaguement réconciliée avec Gaspar Noé que je haissais depuis Irreversible. Il me fallait m'atteler à un travail de fond, nous ne nous étions pas compris.
Le lendemain, on organisa pour moi une projection supplémentaire: je découvris Russmeyer et les bikinis jaunes de son héroine au frère incestueux, un montage d'une audace qu'on prendrait facilement pour de l'incurie, ainsi que les meilleurs doublages voix que j'ai entendus de toute mon existence.
Je n'étais cependant pas satisfaite. Ce n'était pas du porno, nonobstant la fermeté soudaine décelée sous le jean de mon bien aimé lorsque nous vîmes Mega Vixen. Apparemment ON ne souhaitait pas visionner un vrai porno avec moi et ON espérait que je me contenterais d'une série de courts métrages érotico- artistiques ou de comédies seventies erotico-décalées. On se trompait. Lourdement. Ce que je voulais c'est voir ce que les garçons regardent très tard le soir, dans le silence apaisant et protecteur de la solitaire nuit noire, une main dans le boxer, l'autre prête à "rewind" sur les scènes jugées les plus satisfaisantes.
J'aurais bien voulu aussi, c'est vrai, jeter un oeil à cette collection de films pornographiques dirigée par Lars van Trier et réalisée soit disant pour des femmes, c'est vrai, j'aurais bien aimé, mais alors peut-être plutôt très tard le soir, dans le silence apaisant et protecteur de la nuit noire et solitaire, une main entre la dentelle et le téton, l'autre sur le clitoris, cherchant fébrilement des yeux la télécommande pour "rewind" les scènes jugées les plus satisfaisantes. Sait-on jamais, malgré les avis mitigés, ce que peut vous faire une série de films érotiques destinée exclusivement aux femmes? Mais cette vile satisfaction restait un objectif secondaire.
Ce que je voulais vraiment, c'est savoir si le genre de films qui étaient, fut un temps, diffusés sur une chaîne cryptée ou dans des salles spécifiques, ceux dans lesquels apparaissait Rocco Siffredi dans son habitat naturel (puisque je ne l'ai vu que chez Catherine Breillat) pourraient me titiller, voire me faire frétiller de luxurieuse impatience. Je voulais voir un porno "classique" en quelque sorte, un film pour lequel l'épineuse question de la distinction entre érotisme et pornographie ne se pose même pas, pas une seule seconde, pas un Mishima, mais de la grosse artillerie, du pono, du trash. Comme souvent, je ne voulais pas, bien entendu, élargir le champ de mes coupables pratiques copulatoires mais bien plutôt comprendre l'état d'esprit et le statut érectile de mon mâle congènere devant un spectacle qui soit à la libido masculine entièrement destiné. Cela va de soi. Le "dis, on fait tout ce qu'ils font dans le film et celui qui n'y arrive pas à un gage" très peu pour moi, bien entendu.
Pour éviter ce genre de blagues, il suffit de se repaître de quelques unes des vidéos proposées par Hogtied, me direz vous, et plus particulièrement par la section "water bondage", impossible de lancer des défis alors à qui ne possède ni piscine, ni aquarium géant ni pain de glace d'une centaine de kilos, ni crochets mutiples au plafond. Mais il se trouve que les vidéos Hogtied étaient les seuls films éstampillés "sex for sex" que j'avais jamais vus. Et d'ailleurs le BDSM n'est jamais juste du sexe pour le sexe. Les videos Hogtied ne sont pas récréatives, elles sont informatives, pédagogiques même.
J'insistai donc pour que l'on m'éduque, j'insistai beaucoup. Et me retrouvai donc hier soir devant
un film de Damien Odoul
l'histoire de richard O. Amalric joue bien, son partenaire Stéphane Terperaud a un talent à couper le souffle, l'histoire et les préoccupations qu'elle soulève sont éminement contemporaines et authentiques, le passage en revue des fantasmes féminins et des obsessions masculines est très bien vu, l'analogie de la lutte est intéressante, le tout très bien mis en image, une image qui justement par son côté peu formaté, moins léché, presque vieilli rend le tout très sensuel très proche, très réaliste en fait. Et puis il y a la varieté des corps qui ajoute à ce réalisme, des corps différents, des seins tous différents, des corps dans la grace de la nudité, des corps surprenants: des grands des bléssés (vrais ou fantasmés, quelle importance?) et surtout des femmes qui ont des corps vivants et pour lesquels mon bien aimé me dit: " c'est intéressant de montrer des corps "de tous les jours" des corps qui ne soient pas refaits ou présentés pour la caméra, comme dans une scène pornographique classique, ou comme dans n'importe quel film ou tout corps atypique selon la norme marketing en vigueur n'existe que par sa différence avec la norme et en est estampillé".
"Sauf que moi, un porno classique, j'en ai toujours pas vu un seul, bordel!!!"
11:27 Publié dans Au cinéma | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, pornographie, érotisme, damien odoul, destricted, russmeyer, journal intime
15.04.2008
Les voisins
Vinaver.
Renan Luce.
Entre ces deux extrêmes, le grand écart.
Est-ce qu'elle fait le grand écart?
Aujourd'hui, à l'entendre, du moins, elle a du être sérieusement écartelée.
C'est fou ce qu'elle jouit fort. Elle jouit même de plus en plus fort au fur et à mesure de nos séjours ici. Ils vivent ici "à l'année", ils ont un canari ou une perruche, on ne sait pas trop.
La première fois que je l'ai entendue jouir, c'était au téléphone. Il m'avait dit "écoute ça, je suis au milieu du salon!" je m'étais dit qu'il y avait un sérieux problème d'isolation.
La deuxième fois que je l'ai entendue jouir, elle hurlait, plutôt qu'elle ne disait " oh! oui! viens! " Lui, enfin le "lui" supposé, ne disait toujours rien. Ils l'ont fait 4 fois dans la journée ce jour là. ça m'a vaguement excitée et puis je me suis demandée si le partenaire silencieux était un homme, un vibro, un gode, le canari, à un moment un enfant s'est mis à pleurer, et les cris de cette voisine ont semblé comme étouffés par la main de l'amant, ou par un oreiller. A la troisème "séance auditive" j'ai noté après le "oh oui" le bruit, immédiat de la douche dans la salle de bain. j'étais moi même juste à côté, dans la salle de bain, seule; Avec mes dix doigts et une découverte assez pathétique, une paraphilie minable, mon tout nouvellement découvert voyeurisme auditif.
Quand mon bien aimé est revenu, je n'ai pu m'empecher une perfide remarque: "d'après moi, elle se prostitue". Qui s'est au fil du temps, muée en: "elle simule". Mes douteux arguments étant "ben oui, quand on jouit on ne prend pas une douche de suite, sauf si c'est avec un type qu'on fait payer par nécéssité,hein chéri?" la réponse fut sans appel "d'abord tu ne sais pas qui se douche, et en plus ils utilisent peut-être des choses salissantes, qui nécésssitent une douche immédiate, pour le bien de tous, et des tentures de l'appartement". Mon bien aimé a d'habiles manières de me dire "ta gueule" on est d'accord.
Jalouse!
Pas faux, j'étais envieuse de cet organe vocal, ou plutôt de la manière dont sa proprietaire s'en servait (et dont elle se sert à plusieurs reprises, quotidiennement) car si déjà, moi, ça m'excite vaguement (et d'une manière désagréable, mais désagréable uniquement parce qu'elle me renvoie à ma solitude, à la pile de boulot qui m'attend) que peut-il bien en être de l'effet produit sur son amant? Elle ne dit pas grand chose, en fait, rien de particulièrement sophistiqué, mais elle hurle bien, que ce soit forcé ou pas.
Alors je sais bien que le plaisir ressenti n'est pas positivement lié aux nombres de décibels émis, (moi même jeune pudique éffarouchée, je suis plutôt discrète) il n'empèche je me demande bien ce qui lui arrive (et là je pense cuir noir, lanières, cuffs, forcément).
Et là, je trouve la solution: si la cloison est mince pour moi, enfin pour nous, mais lui, ça n'a pas l'air de le perturber le moins du monde alors elle est mince aussi pour eux. Et de même que je peux entendre ses cris et hurlements, de même, elle doit entendre nos conversations et peut-être, qui sait, mes frêles gémissements et autres grognements baillonnés. De même que je découvre mon voyeurisme auditif, elle satisfait pleinement, peut-être, son exhibitionisme vocal.
C'est mon oreille qui l'excite, en fait.
11:20 Publié dans Préparation | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : orgasme bruyant, fouet, martinet, fantasmes, paraphilie, journal intime








