08.08.2009
Eloge de la modération
Le titre de cette note m'est apparu comme une évidence un peu perverse aujourd'hui.
Perverse, oui, honnête cependant.
Le sevrage de substances nocives est une très belle expérience.
J'ai toujours presque milité pour une politique de l'excès, du débordement, de l'aventure et de la différence. Je crois toujours à cela, d'ailleurs, mais à un autre niveau, aussi, tous les addicts sont des gens qui se sont faits avoir.
Je ne vais certainement pas retracer ici une longue histoire de la libération des femmes du point de vue de leur consommation de tabac. Il y a sans doute plein de gens très consciencieux qui l'ont fait et puis on ne peut pas être cobaye et laborantin à la fois.
Le tabac a ceci de spécial parmi les drogues, qu'il ne vous met dans un état de conscience modifiée que lorsque vous cessez de le consommer.
Je ne vais pas vous infliger de longs monologues sur les parfums retrouvés (et le sien avant tout, quand on fumait quarante clopes par jour au minimum, je découvre que j'ai un parfum très fort, de sexe, en fait ) , celui des autres (je suis plus sélective mais ma libido est au top, ça compense) ni même sur la frustration voulue librement ou sur le défi personnel relevé, ni d'ailleurs sur la fuite que constituait la cigarette quand je souhaitais m'isoler dans une soirée.
Mais je suis tellement heureuse de l'avoir relevé ce défi!
Quelle transformation!
Je suis comme une gosse et j'écris sur un clavier sans cendres.
00:22 Publié dans au recommencement était... | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : addiction, cigarettes, excès, des corps nocturnes, hygiène morale, cerveau, stimulants, écriture, vivre et découvrir
04.08.2009
Déclaration
Je vous aime à la folie, mais peut-être pas jusqu'à la mort.
Je ne peux abolir ni même passer sous silence, voire encore moins oublier les plaisirs sublimes que vous m'avez offerts. Dans cette fusion captatrice mais discrète et vaporeuse, nous nous sommes exaltés longtemps. Peut-être ai-je plus souvent pensé à ma jouissance qu'à partager du plaisir, ou alors en différé. Le désir est la chose qui circule le mieux au monde, il passe de bras en bras de bouches en bouches et de mains en mains et souvent, vous, vous vous êtes attardées chez moi, organisant le décor et l'illusion d'un plaisir à la fois infini et sans avenir, que je voulais toujours comme tel, non pas toujours renouvelé, ce qu'il est pourtant, mais toujours présent. Toujours présent oui, un plaisir d'une intégrale fidélité et d'une immédiateté âpre et difficile. Un amour sans borne est né il y a bien longtemps entre nous. tellement longtemps! Je ne parle pas seulement de cette fidélité dans la jouissance de ces absences qui vous donnaient un tel charme mais aussi de tout ce que nous avons traversé ensemble. j'en suis parfois arrivée à oublier votre présence, en réalité.
Mais vous êtes là, peut-être plus pour très longtemps. Bien entendu, votre sensualité fait votre force: vous êtes un peu plus difficiles à déloger de ma vie qu'un peine-à-jouir fainéant et égoiste car vous vous donnez jusqu'au bout, vous avez la politesse hédoniste. C'est ce qui nous a raprochées au début, le jusqu'auboutisme, c'est ce qui nous fait tenir, le secret du plaisir. Qui revient, tout le temps.
Vous me protégez infiniment de la laideur du monde, vous me donnez toutes les libertés: partant, vous ne m'en laissez explorer aucune. Oui, je le dis, aucune conquète n'est la mienne puisque vous êtes là, en contre-point. Je ne fais rien sans vous.
Vous étiez et êtes encore ma passion, mon double, presque une raison de vivre.
Il y avait un paradis sur terre, nous l'avons exploré.
La tristesse, la laideur, la trahison n'existaient plus vraiment. Elles n'avaient à vrai dire aucune prise sur nous. Elles n'avaient jamais vraiment existé puisque le plaisir immédiat que vous me procuriez les terrassait en un instant.
Notre système de vie ne connaissait aucune entrave. Nous le voulions ainsi.
Nous n'entravions d'ailleurs rien d'autre, ou presque pas.
Ou à peine.
C'est presque à regret que je vous quitte, mais c'est aussi sans grande hésitation.
C'est arrivé Dimanche, à la suite de nos vacances ensemble, à la suite de nos dîners et de nos fêtes.
Je vous aime infiniment, mais il se fait tard, et je vais devoir vous quitter.
00:57 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
30.07.2009
L'agent immobilier
Il n'a pas compris quand elle l'a quitté.
Elle lui avait bien spécifié cependant que c'était pour un autre que lui, et que "dans la vie, il faut suivre son désir".
J'ai rencontré l'agent immobilier au moment où Sarah était encore dans sa vie, presque une ombre, déjà, peut-être, mais présente de temps en temps.
Elle ne souriait déjà plus, en réalité et il était trop silencieux quand elle arrivait.
Il est beau, c'est vrai, et il a l'élégance arrogante de ces hommes tournés vers le profit et le charme, mais sous l'assurance on sent un peu (trop) vite la fragilité. Trop de fragilité pour les affaires peut-être, suffisamment pour l'amitié. Il cherche les regards. C'est comme cela que nous avons commencé à nous (re)connaître lui et moi, dans ce troquet qui nous sert de cantine. Je l'y avais vu avec Sarah qui le rejoignait parfois pour déjeuner quand elle passait dans le quartier pour un rendez-vous.
Et puis Sarah n'est plus venue.
Charles a eu l'air un peu plus fragile. Il trainait un peu après le déjeûner, qu'il prenait maintenant avec d'autres marchands de biens. Tout le monde riait fort, et buvait trop.
Il était doucereux mais à vif le jour où il m'a abordée.
D'abord au téléphone avec une jeune femme qu'il ne connaissait pas il a prononcé ces mots en me fixant du regard "J'aimerais beaucoup vous connaître plus personellement". j'ai éclaté de rire, son sourire s'est brisé, il a raccroché puis m'a tourné le dos.
Comme je quittais le restaurant, faisant tomber la veste posée sur son dossier, il s'est retourné pour me dire "vous l'avez fait exprès!"
Ce qui était faux. Cependant, je n'ai pas nié.
Que faire contre un tel ressentiment?
Que faire pour un homme qui hait les femmes?
Nous avons passé ensemble une semaine de vacances dont je reviens épuisée.
Il y a eu des moments agréables, mais comment savoir si mes paroles, forcément brutales ont eu quelque effet?
Sait-il ou feint-il de ne pas savoir que ni mon cul ni celui d'une autre n'effaceront son histoire avec Sarah?
21:18 Publié dans galerie pour tous (de 25 à 80 ans) | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : amour, hommes, société, relations, sexualité, colère


