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23.02.2008
Pour vivre heureux....
A défaut de petit noir et de canard à une terrasse ensoleillée, ce matin, j'ai eu rue 89 et grand bol de café au lait J''ai lu ceci, un article sur Guo Xiaolu, la romancière et scenariste chinoise. Dans les commentaires, celui posté par Vendetta, dans lequel on trouve quelques précisions sur la Révolution Culturelle chinoise: "Cannibalismes, festin de cervelle prélevée à vif sur des êtres humains, viols collectifs, massacre, démembrements"; je cite sans autorisation de l'auteur car je n'ai pu trouver son adresse mail sur le site. mais Vendetta s'est informé(e) chez Zheng Yi, donc il n'y a a priori pas exagération à craindre, ou plutôt à espérer. On n'en sort pas.
Il y a des matins où je souhaite plus de temps pour lire plus d'essais, et d'autres ou je me dis que la fiction, c'est bien assez et que pour vivre heureux, il faudrait vivre sans s'informer.
13:00 Publié dans Lire, réagir | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Actualité, littérature, barbarie, idéologie, politique
20.02.2008
Choisir de ne pas choisir, dans un monde binaire
Il y a à peu près cinq ans de cela, je vivais hors de France et l'une de mes meilleures amies, C***, universitaire très active dans le domaine des women studies, était aussi ex hippie, et surtout ex bodybuildeuse. A ce titre, malgré sa cinquantaine, elle s'astreignait à trois entrainements de musculation en salle par semaine avec un "training partner". Puis elle changea de coéquipier ou de co-équipière. Cette personne était hermaphrodite. C*** me parlait d'elle avec ce que je ne peux appeler que de la compassion. j'avoue mon ignorance, je la croyais à peine car je n'avais jusqu'alors entendu parler des hermaphrodites que dans les récits de mythes antiques. Elle employait pour me peindre, tout en pudeur, la vie de cette personne des termes tels que "ordeal", "considered as a freak". par discretion sans doute, elle ne racontait rien de bien factuel, et je dois avouer que je ne la questionnais pas davantage car elle avait souvent l'oeil mouillé en en parlant, je me disais simplement que C*** était décidément trop sensible, et que l'on prenait sans doute bien trop d'hormones dans l'univers bizarre du muscle huilé orné d'un simple string.
Le formatage de l'univers binaire dans lequel nous vivons avait fait son effet, mais c'est aussi grâce à ce binarisme que je suis devenue un peu moins conne. En effet, au début, j'avais eu un peu de mal à comprendre pourquoi une femme aussi raffinée que C*** s'était mise à louvoyer entre testostérone, régime sec et concours de gonflette. Lorsque je lui avais enfin posé la question, elle m'avait répondu "je faisais de la muscu, mon entraineur m'a trouvé des aptitudes, je manquais à l'époque de confiance en moi, c'était bon pour mon ego, alors j'ai foncé". Ce n'est qu'aujourd'hui que je me dis que peut-être, son/sa partenaire hermaphrodite etait exactement dans le même cas. Pourvu(e) d'un corps qui n'entrait dans aucune des catégories peut-être avait-il ou elle trouvé dans cette musculation extrême une manière d'être bien, d'être mieux même que ceux ou celles de la catégorie dans laquelle il/elle concourait.
Je pense qu'on emploie souvent pour ce genre de manoeuvre le terme sublimer.
Si l'on veut être logique,il y a effectivement quelque chose de sublime, qui nous dépasse, à être à la fois homme et femme, ou même si l'on veut le dire autrement, ni homme, ni femme, ne dit-on pas chez les catholiques, candidats premiers à la sublimation de la vie terrestre, que les anges n'ont pas de sexe? Force est de constater cependant que ce sublime semble inacceptable, trop rare, trop asocial peut-être. pas assez binaire.
Durant les deux mois qui viennnent de s'écouler, outre la barbarie ordinaire, deux informations m'ont particulièrement choquée: tout d'abord le sort réservée en France aux enfants interséxués qui subissent sans même que leurs parents en soient informés des mutilations physiques et des tortures hormonales parfaitement légales, cela ne concerne pas qu'un petit nombre d'enfants, vous en saurez plus ici ou encore là ce la se passe en France aujourd'hui, oui, oui et j'en viens donc tout naturellement à la deuxième chose qui m'a choquée, le sort réservé aux homosexuels par les officiers et surtout par les médecins nazis durant la seconde guerre mondiale, prise d'hormones à l'insu de tous, tentatives de "normalisation" forcée des faits qui n'ont été reconnus en France qu'en 1980 et que certains trouvent encore l'envie de décrier. je ne suis militante ni de ceci, ni de cela, j'ai même un sacré passif de neutralité, je ne suis ni intersexuée ni lesbienne, mais je ne peux m'empêcher de voir un lien aussi partial soit-il entre ces deux pratiques, et d'en être scandalisée.
11:45 Publié dans au commencement était.... | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : intersexualité, barbarie, médecine, nazisme, binarisme, hommes, femmes
18.02.2008
"Oui, mais tu le trouves comment?"
Bien sûr, mes lectures du moment, à savoir un roman et une biographie de Flora Groult n'y sont sans doute pas complétement étrangères, et bien entendu, j'ai, depuis que je sais que le clitoris est en quelques sorte un pénis "inachevé" (rien que d'écrire ce mot- inachevé- me met en rogne) une fâcheuse tendance à la bête comparaison, voire au naïf parrallèlisme tout bonnement anti-tactique et antistratégique, et ça, oui, tout ça, mon bien aimé le sait et s'en amuse ouvertement. On pourrait même aller jusqu'à dire qu'il en profite pour me taquiner voire provoquer mes foudres. Nous étions allongés pour une courte sieste, moi lascive, lui joueur, lorsque je l'entendis qui souriait en pronoçant les mots suivants, réponse à une remarque de ma part qui maintenant m'échappe, mais devait sans doute concerner le calibre généreux de ses attributs:
"Tu dis ça parce que tu n'as pas de pénis"
C'en était fini des caresses et des offrandes, je me relevai à demi. Il poursuivit:
"Tu n'en as pas et tu n'en auras jamais, jamais, jamais"

"Si j'en ai un" répondis-je "différent du tien, certes, et autrement nommé, mais qui comporte lui aussi, tu n'auras, je l'espère pas omis de le remarquer, des qualités érectiles"
"Cela reste un pénis atrophié, tu aimerais avoir un appendice de baudet et tu ne possèdes que ce minuscule organe"
Je ne me laissai pas démonter par une attaque aussi pathétiquement frontale et répliquai:
" Tu conviendras cependant d'une chose: autant de femmes, autant de clitoris différents"
"On peut l'admettre, en effet"
" Et donc de taille"
Silence éloquent du bien aimé qui appelait de ma part une précision:
" En érection bien entendu"
"Bien entendu"
Je me souvenais à cet instant précis d'une phrase entendue un jour de la bouche d'un homme "elle a le plus gros clito que j'ai jamais vu". je m'étais demandé si cet homme flattait alors cette femme, ses qualités d'amant, ou un peu des deux.
"Alors, le mien, il est comment?"
Dans une tentative de rapprochement sensuel, j'entendis qu'on susurrait à mon oreille "il est doux, il est...."
Telle une furie amazone en croisade solitaire contre tout le patriacat réuni, je m'insurgeai:
"Ah non, pas de ça! tu ne parviendras pas à m'embobiner! Je te parle taille, pas sensualité, pas émotion, pas esthétique, pas érotisme rafiné, mais taille du clitoris! Alors, le mien, il est comment, comparé à ceux des autres?"

Le regard tourné en haut, à gauche, le bien aimé sembla un moment rechercher dans ses souvenirs des informations de première main. Pleine d'espoir, je patientais, me sentant pour la première fois effleurer la compréhension de ce qu'il est convenu d'appeler chez nos amis les hommes "angoisse de taille ", celle là même qui préfigure "l'angoisse de performance"; En effet, je n étais nullement à l'abri, ayant posé la question, de m'entendre répondre "il y avait bien lors de l'été 2004, celui de Marie-Pierre". Cependant, ma déconvenue et mon soulagement arrivèrent au moment même où mon égalitarisme féroce fut dévoilé:
" Mais enfin tu ne peux pas te comparer de la sorte! ce sont les hommes qui s'adonnent à ce genre de jeux débiles et encore! pas tous les hommes! c'est l'amusement favori des adolescents dans les vestiaires, au sortir d'un entraînement de foot ou de rugby, et toi tu es une femme, tu ne peux pas faire ça!"
Je vous épargne ici les considérations goguenardes du bien aimé triomphant, propos qui comprirent des termes tels que "décimètre" et "écolière"
Dépitée je ne trouvai alors qu'un vague "hé bien justement! je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas, pourquoi les femmes ne pourraient pas se dire que la taille ça compte aussi chez elle"
Je n'ai pas dit mon dernier mot, car le sujet m'intéresse sérieusement, même si, pour la mesure, il faut sans doute trouver un "étalon" qui ne se soucie pas uniquement de la longueur mais également, et même surtout du volume de l'appareil lorsqu'il est son son jour le plus avantageux. Ce ne serait que justice, car n'est ce pas aussi préparés de manière à appâraitre sous leur aspect le plus favorable que tous les pénis entrent en concours?
Us two
On doit:
1) Faire un feu dans une cheminée et rester de longues heures devant.
2) Trouver un hamman ( et non un sauna gay) et rester de longues heures dedans.
3) Visiter mon jardin et se poster dans la fourche du lilas, tels des koalas.
4) Voir un koala et peut-être le toucher.
5) Voir un capivara.
6) Voir "la double vie de Véronique" et "De l'eau tiede sous un pont rouge" ensemble
7) se mettre d'accord sur les modalités de rédaction de cette liste
8) Vivre à deux (addenda rédigé grâce à l'absence totale de modalités sus-mentionnées et donc grâce au vide juridique ainsi laissé)
10:20 Publié dans au commencement était.... | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : amour, mon amour
17.02.2008
Ernest Pignon-Ernest
Exposition au CREUSOT Scène Nationale - Esplanade François Mitterrand ( tel.03 85 55 37 28) "Ceux de la poésie vécue", Piéta Sud-Africaine et parcours Maurice Audin à Alger > vernissage le 23 Février avec un récital André Velter et le musicien Louis Sclavis > exposition jusqu'au 7 Mai

20:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : expo, Ernest Pignon-Ernest




