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23.05.2008
« Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie. »
Elle s'assied sur le lit recouvert de lin blanc.
Ses talons viennent de rythmer la suite des opérations.
Il pense à Charles Denner et à François truffaut. Il dit, à haute voix, parce qu'il pense que le cinéaste a omis de diriger ces mots vers l'acteur "et les talons aiguilles sont deux baguettes, celle du métronome, et celle du chef d'orchestre."
Elle pose ses mains sur le rebord du lit, fait le dos rond et dit "quoi?"
"Rien " dit-il "Rien qui mérite que du détournes ton attention du moins".
Disant ceci il se redresse, à genoux sur le lit, s'avance jusqu'à elle, et d'une main se caresse le ventre en s'étirant le dos, relevant un pan de chemise pour découvrir son aine et l'offrir en spectacle.
Il la surplombe, observe ses yeux plus que ses seins. Il s'exhibe, il est à genoux mais au dessus d'elle.
Se sachant invitée autant qu'autorisée à se servir, elle peine à prendre la direction.
Sa mise en scène est gauche. Elle va jusqu'à soupirer "il fait chaud" en déboutonant son chemisier. Elle le fixe du regard en dégrafant la dentelle qui caresse ses seins. Et puis l'évidence arrive.
Elle plonge la tête vers ce sexe offert, l'évite, happe ses deux boules, les relâche, les lèche sans la moindre retenue, sans se soucier le moins du monde de ce qu'il peut en ressentir, elle prend ce qu'elle veut.
Lorsqu'elle en a assez des boules de billard, elle prend sa queue dans sa gorge et puis elle le branle, avec férocité. Elle ne se soucie que de son plaisir à elle, pas de ses cris de plaisirs, à lui.
Elle entend cependant ces mots "contrat" lorsqu'il dit "tu triches, ce n'était pas dans le contrat!"
"(con) ception" lorsque, menaçant faussement de s'éloigner il l'interroge "alors, c'est donc ta conception des choses, hein?"
Elle s'amuse alors du mot "contraception"
Les menottes posées sur la table entrent dans son champ de vision.
Elle prépare sa prochaine récréation.
23:17 Publié dans Mon bien aimé | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : érotisme, sexe récréatif, charles denner, truffaut, contraception
16.05.2008
D'exil en apnée.
Avant, j'avais besoin d'une nuit blanche par an, à l'arrivée de l'été. maintenant c'est une nuit par mois que je dois m'exiler.
je ne fuis rien, j'aime ma vie, mais j'ai souvent besoin de la mettre à distance.
Je n'ai jamais dormi beaucoup.Très jeune je veillais pour engloutir des livres, et me reveillais pour la même raison. Souvent, mes parents ou mes frêres et soeurs, au matin, se demandaient ou j'étais. J'étais sous un plaid, dans la bibliothèque, je lisais.
je ressens très exactement à quel point la fréquence de mes insomnies évolue de manière proportionnellle à mon incapacité à les apprécier. je n'ai plus l'énergie de vivre sans sommeil. là j'ai fait le tout du cadran, j'aurais pu voir quelques films, et bien même pas.
Ensuite, bien entendu, j'ai socialisé mon insomnie. sans grand succès, je n'ai pas de talent pour les drogues modernes, ni pour les coups d'un soir. je m'ennuyais bien plus qu'avec mes bouquins et en plus il fallait faire la conversation. Dans le genre, je pense que mes meilleures nuits accompagnées ont eu lieu dans des endroits techno, c'est dire. Là au moins, on pouvait danser sans parler.
Il est six heures et demi je dois travailler , je n'ai absolument pas dormi, les autres nuits de cette semaine, j'ai dormi trois heures en moyenne.
06:33 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : insomnie
15.05.2008
les antipodes de l'excès.
Il y a quelques jours, alors que c'était l'été, je marchais dans une avenue peuplée, grouillante d'une foule blanchie sous le soleil. j'allais faire des courses de bouche trainant derrière moi mon trolley de marché, celui qui m'empèche de marcher vite et qui me permet donc aussi de laisser couler dans mon oreille plus que les murmures de la ville, les conversations des passants.
Elle, je l'avais remarquée à cause de sa tenue.
De son apprêt, aussi.
Une fille grande, une longue chevelure châtaine bouclée étrangement parsemée de mêches blondes, un fond de teint point fondu, un rouge framboise mat soutenu au milieu d'un visage sans vrai menton.
Elle marchait vite, arrivait vers moi, discutant avec une compagne bien plus petite qu'elle et donc moins perceptible, moins imposante, aussi.
C'est peut être, finalement, sa démarche plus que son apparence plastique qui ont attiré mon regard. Ce pas qui déplacait l'ourlet d'un surprenant bermuda à carreaux burberry qui, sur ses longues jambes était devenu un short un peu trop long, ce pas scandé par les petits talons de camarguaises beiges à la tige ornée de stupides découpes, l'effet cocasse de l'ensemble qui aurait pu susciter une pensée acerbe telle que "c'est pas un peu printemps 2005, tout ça?"et qui en tout cas invitait la curiosité à chercher quels yeux avaient cette personne, à remonter donc pour les chercher, et ne trouver au dessus du nez que des wayfarer.
Comme elles arrivaient à ma hauteur, côté chaussée, la grande mal fagotée livra à son amie l'information suivante "Ils en ont chez Calvin Klein!", il est peut-être inutile de le préciser, mais important de le garder à l'esprit: "Klein" dans sa bouche fut prononcé de manière à m'évoquer le mot qui en allemand, signifie "petit".
Je tournai alors la tête vers les facades de l'avenue, nous étions au niveau d'un hôtel réputé. Assis sur un muret, un clochard se pissait dessus. ce faisant, la tête rejetée en arrière, il buvait des bières, à une allure qui lui promettait de se souiller longtemps encore. Même sous la lumière écrasante son visage cireux de crasse semblait noir. Un ilôt d'ombre parmi tout ce fric affiché. Je n'ai rien fait. Qu'est-ce que j'aurais pu faire? J'ai juste été hapée par les antipodes de ces excès. Est-ce toujours du royaume du Danemark que la pourriture arrive?
j'ai recroisé ce vagabond cet après midi. Il pleuvait à seaux, je venais de casser un talon, je ruisselais. Lui aussi mais sans s'en soucier, sans presser le pas, le visage à la fois absent et avide de regards, il avait les bras en croix et les pliait en dé-cadence tout en marchant à la manière de celui qui se muscle les biceps, lorsque je l'ai croisé je l'ai entendu psalmodier "je vais simplement rentrer à la maison, simplement rentrer à la maison..."
14.05.2008
Subito ou j'ai perdu un oeuf
J'avais dormi trois heures la nuit précédente, je rentrais du travail, le corps moulu par la très sérieuse séance de boxe de la veille, les yeux ne désirant rien d'autre que se clore et pourtant je ne me couchai pas.
Je ne suis jamais vraiment parvenue à hair mes insomnies, j'ai parfois l'impression qu'elles me permettent d'acceder à un état second où mon esprit divague plus librement, incapable de se fixer sur ses habitudes.
Je me souvins d'une chose: la veille j'avais fait cuire deux oeufs pour mes asperges à la Balzac. Pour la première fois de mon existence, je les avais laissés cuire trop longtemps. j'avais donc mangé en me brûlant les doigts un oeuf quasi dur dans un coquetier. Je cherchai l'oeuf, il avait disparu. C'est très troublant de perdre un oeuf. Si troublant que j'allais jusqu"à inspecter la poubelle.
Une seule coquille.
Mon oeuf avait bel et bien disparu.
Je le cherchai donc. Là dans l'évier sous une assiette, derrière la bouilloire sur le billot.
The egg was nowhere to be seen.
Je devenais un personnage d'Edward Lear.
C'était drôle mais angoissant.
Alors mon insomnie me dicta de ne plus m'en soucier, de laisser cet oeuf là où il était de lui souhaiter d'avoir un jour cent ans.
A la place, elle me dicta de m'allonger et de penser à lui.
Immédiatement je repensai à quelques détails bien précis de notre week end. Rien de sensuel, il s'agissait purement de la palette des diverses manières qu'il a de me pénetrer. Sa chorégraphie personnelle, sa signature.
Puis je songeai aux menottes. Debout, le visage face au mur, il devra être menotté et recevoir des ordres en douceur, pas trop vite. Est-ce qu'il aura les yeux bandés cette fois ou est-ce que je me donnerai du plaisir devant lui? Mon cerveau divaguait invariablement vers les variations de la fellation, des fellations possibles lorsqu'il serait attaché.
Ne serait-il pas souhaitable de le baillonner, un peu aussi?
J'ai perdu un oeuf, je n'apprivoise pas mes insomnies.
22:01 Publié dans Mon bien aimé | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : sexe, envie, menottes, oeufs manqués
04.05.2008
Off
je prends le soleil,
Je lis un roman grec.
Je note que ......* n'a pas pas publié depuis plusieurs jours.
Je viens de répondre aux quelques personnes qui ont l'amabilité de commenter ma dernière note "sexually related"
Je me dis que j'ai bien raison de n'avoir jamais mis de photos de mon visage sur mon blog.
Je n'aurais jamais imaginé qu'une complicité aussi complète puisse m'apparaitre (m'être offerte, voire plus, exister)
Je ne veux pas en rajouter sur le "je suis heureuse".
21:06 Publié dans Vivre | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : blogs, printemps, écrans, amour




